Rapport 2 : Qu’apportent les émoticônes dans notre vie ?

 

Les émoticônes sont un moyen textuel de rendre une émotion, un état d’esprit, un ressenti, une ambiance ou une intensité. Leur rôle est de communiquer brièvement un message identifiable à travers une suite de symboles. Le chercheur Levy Stahl, en découvrant le passage du poème To Fortune de Robert Herrick, y aurait trouvé la première trace d’une expression faciale avec « smiley yet 🙂 », mais le professeur Scott Fahlman fut le premier à véritablement créer le premier smiley « J » pour les forums de son université dans les années 80. Depuis, les émoticônes ne cessent de continuer leur expansion.

 

Leur succès est tel qu’il dépasse aujourd’hui la simple figuration, et les supports les plus utilisés (portable, tablette, réseaux sociaux…) proposent des émoticônes qui ne se limitent plus à deux ou trois caractères, mais aussi à des images (ex : chien, nuage) ou à des enchaînement plus complexes comme les emojis japonais (ex : (>°OwO° )> ). De la tête expressive (:/, :3, (O.O)) au pouce en l’air (y), les choix se développent en faveur d’une utilisation de plus en plus régulière.

 

Les émoticônes signifiant des émotions restent cependant les plus utilisés dans les médias numériques. Ils suppléent notamment à une partie du langage corporel dont usent les personnes quand elles sont face à face, ce qui permet de renforcer la proximité du dialogue. « J » ou « L »  sont les abréviations de « joie » et « tristesse », et, à l’exemple d’un vrai sourire ou d’une vraie grimace, suggèrent des états sans les énoncer verbalement. Ils sont ainsi généralement utilisés pour enrichir un message, mais peuvent également se suffire à eux-mêmes. Leur simplicité renferme un pouvoir de concision grâce à la rapidité de leur lecture : « J » associé à « 😉 » suppose un discours complice qu’il serait difficile de paraphraser. C’est donc un véritable langage qui se développe à travers des symboles facilement reconnaissables.

 

En occident, la tendance a privilégié tout d’abord une lecture horizontale des émoticônes : « : – ) », tandis qu’au Japon, où les caractères usuels pour l’écriture sont des idéogrammes, sont nés les émoticônes lisibles de face(  >(°-°)<  ) qui ont permis de diversifier les thèmes. Ils sont appelés kaomoji (« visage en lettre ») et sont librement inspirés de la culture Kawaï, axée sur des figures mignonnes dotées d’une forte expressivité, notamment en ce qui concerne les yeux. Leur succès a influencé le reste du monde grâce à la communication numérique (^-^ ou O_O exemples de figures répandues en Europe, influencées des kaomoji), affirmant les émoticônes comme un vecteur universellement reconnu et compréhensible.

 

Ils sont actuellement utilisés dans presque toutes les conversations amicales, de manière quasi-intuitive. Ils permettent d’insérer rapidement un climat de détente dans les dialogues, ce qui les rend particulièrement attachant. Drôles, tristes, joyeux ou colériques, figurants une maison ou un lapin, ils impliquent une certaine complicité et permettent ainsi de rendre plus fluides ou plus intimes les messages auxquels ils se rattachent, ce qui explique pourquoi ils sont aujourd’hui si répandus. Ils sont l’émanation figurée des émotions, ils permettent d’alimenter nos discours en leur conférant un message sous-jacent. Ils donnent ainsi, via leurs symboles, une dimension plus sémantique et personnalisée que jamais au langage.

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