Rapport n°4 – Réflexion personnelle sur l’écriture de soi contemporaine

Ecrire est l’un des moyens d’expressions les plus essentiels pour l’homme.                               L’écriture de soi est un moyen d’expression qui n’est pas nouveau. Elle se décline sous plusieurs formes (autobiographie, journal intime, autofiction,..).                                                 On peut imaginer que le but est de témoigner de son existence et attester son identité.

Selon moi, il y a eu des évolutions dans les supports, les procédés littéraires, les motifs de l’écriture de soi et dans les réactions qu’elle peut susciter, surement dus aux changements de générations.

En effet, à mon humble avis, avant, l’écriture de soi prenait davantage une forme privée, intime. Elle pouvait se résumer à des méthodes limitées dans l’espace : journal intime gardé pour soi, carnets de bord, lettres personnelles à des proches (exemple : à l’armée, pendant les guerres).

Petit à petit, je pense que ces récits ont pris de la valeur avec le temps et ont été perçus comme des traces du passé à conserver, des témoignages, des preuves, des éléments importants, nécessaires au maintien d’un lien avec le passé. C’est peut être lors de cette prise de conscience de la valeur qu’est venue l’idée de la diffusion.                                             Donc, sont arrivées les publications d’œuvres littéraires autobiographiques.

Mais désormais, l’écriture de soi contemporaine utilise tous les supports possibles et puissants de notre société :

  • Blogs en ligne
  • E-mails
  • Musique
  • Photographie
  • Art (dessin, peinture, sculpture..)
  • Bandes dessinées
  • Films cinématographiques
  • Emissions télévisées ou radiophoniques
  • Réseaux sociaux numériques
  • Vidéos postées sur Internet

A l’ère numérique, nous sommes tous potentiellement écrivains et auteurs de récits.

En plus de cette évolution au niveau des supports, il y a aussi une évolution au niveau des procédés littéraires. On peut prendre comme exemple les Ketai  Syosetsu (roman écrit et diffusé depuis un téléphone portable), les Lights Novel (roman au sujet léger), ou les Shisyosetsu (autofiction). Du fait des générations différentes, il y a des différences au niveau de la taille des chapitres (plus courts), il y a moins d’effort dans la rédaction (phrases simples et courtes),dans la composition (parfois que des conversations), dans la narration, dans le niveau de langage (langage familier, non correct,nouvelles expressions) , dans la qualité d’expression (poésie par exemple). D’ailleurs, cela choque souvent les aînés.

Ensuite, en ce qui concerne l’évolution des motifs, on peut s’appuyer sur les réseaux sociaux, où il est possible d’écrire sur soi, d’ajouter des images, illustrations, de se mettre en scène et de partager instantanément avec le monde entier. Sur ceux-ci, l’écriture de soi prend plusieurs formes et mélange plusieurs formes.

On aurait dit qu’avant, l’écriture de soi mettait en scène un conflit psychique : qui on est et qui on aimerait être, mais on en est empêché. Et l’écrire permettait peut-être de faire vivre cette personne qu’on aimerait être. Aujourd’hui (même si ce n’est pas toujours le cas),  je pense que les motifs sont un peu plus nuancés. En effet, sur les réseaux sociaux, on met en scène qui on pense être. Je pense aussi que désormais l’écriture de soi n’est plus que pour soi, pour résoudre un conflit intérieur, pour s’exprimer, extérioriser des émotions, sentiments, situations, problèmes, se consoler, se confesser, faire des aveux, partager une expérience, témoigner, mais plutôt pour montrer aux autres des aspects positifs qu’on a déterminés et choisis. Les éléments à partager sont alors davantage sélectionnés et futiles.

C’est comme si, au fur et à mesure du temps, plus on se sait regardé et lus, plus on sélectionne des élément pour se mettre en avant et plus l’écriture de soi est arrangée et faussée.  Conséquence : on peut percevoir un changement dans la réaction des lecteurs. Avant, des émotions positives seraient plus facilement suscitées par des témoignages, des récits d’enfance difficile, de désolation au milieu de la guerre (compassion, pitié) contrairement à certains blogs ou réseaux sociaux aujourd’hui pouvant provoquer des jalousies, de l’envie, de la comparaison, de l’ennui et du rejet face à cette exhibition de “perfection” constante.

Bien sûr, on ne peut pas généraliser cette tendance.

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