Rapport 4

L’écriture sur les réseaux sociaux

De nos jours, de plus en plus de réseaux sociaux se développent, les sites de partage et de rencontre se multiplient. Nous sommes de la génération de ceux qui partagent leurs vies sur les réseaux sociaux.

Internet est devenu un monde parallèle, rythmé par des rencontres entre inconnus et l’exposition de soi, où certains se sentent plus libres de s’exprimer derrière leurs écrans comme à l’abri du monde extérieur.

L’écriture sur les réseaux sociaux permet de partager à plus grande échelle sans être publié par un éditeur commercial. Chacun est son propre éditeur, mais ce partage comporte le risque de se faire voler son « œuvre » ou, comme elle est exposée à la vue de tous, la possibilité d’attirer le mauvais public et pas celui qui se donnerait la peine d’acheter le récit publié.

Il y a une forme de liberté, de gratuité et de partage  mais aussi d’impact direct des critiques qui, sur internet, en raison de l’anonymat des internautes écrivant sous pseudonymes, peuvent être vicieuses et cruelles. L’écriture sur les réseaux sociaux est exposée à tous, même aux esprits malveillants.

Je pense qu’en effet l’écriture sur les réseaux sociaux change notre manière de penser : nous ne pensons plus pour nous-même, mais pour les autres, en fonction du fait que nous allons être lus. Quand chacun écrit, il cherche à plaire et à obtenir des appréciations positives, des indices de popularité : des « like », des « j’aime » et des commentaires d’approbation. Dans les blogs de journal intime, le but ultime n’est plus de s’exprimer et de se libérer par l’écriture, mais de devenir populaire en exposant sa vie la plus intime à de parfaits inconnus. La dimension d’intimité est perdue.

Chacun pense publiquement, ce n’est plus dans notre for intérieur, mais l’acte d’écrire consiste à simplement afficher quelque chose sur un blog. Je pense que nous avons changé notre manière de penser dans le fait que, de nos jours, nous trouvons cela normal et nous participons tous à cette mise à nu à la fois individuelle et collective, en « partageant ». Les secrets intimes, habituellement consignés dans un carnet secret, sont divulgués sur internet et se retrouvent partagés, de sorte que nous perdons à la fois la dimension de notre intimité, mais aussi tout pouvoir sur ce que nous publions. Une fois partagé, on ne sait plus où il se trouvera, par qui il sera lu et avec quelles intentions il sera susceptible d’être utilisé.

Si l’intimité a disparu et si chacun ne s’appartient plus dans ce qu’il a de plus personnel, ce n’est pas simplement le mode de communication qu’internet et les blogs ont changé, mais bien le rapport à soi-même, à l’autre, aux autres, autrement dit à l’identité…

This entry was posted in Uncategorized. Bookmark the permalink.