Situation de l’art après le séisme et la menace nucléaire de Fukushima

La photo de Tadashi Okubo (du Yomiuri Shimbun) d’une japonaise au milieu des décombres, rapidement qualifiée de “madone des décombres” par Gilles Klein, est devenue la signature visuelle du séisme japonais, mais pourquoi ?

L’art est une chose qui permet de retranscrire une émotions avec divers médias comme la vidéo ou encor la photographie. En retranscrivant la réalité au Japon par le biais d’une seule photographie, en appliquant des effets paillassons, cela permet aux lecteurs de laisser parler leur imagination sur l’état du reste du pays. On peut voir sur la une du « Figaro » par exemple, que la photographie image l’état du pays nippon en entier avec la phrase « Séisme et tsunami sans précédent au Japon ».

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Paysage: Le premier état de la photographie que nous avons pu identifier renvoie à l’image telle qu’elle est enregistrée sur le logiciel Symphonia, outil d’édition et de transmission des photographies de l’Agence France Presse (AFP). Dès ce stade, l’image est d’emblée calibrée pour une diffusion mondiale ; de fait, toute une chaîne d’acteurs collabore à un ensemble de tâches dont il est difficile de décider si elles se réduisent à transmettre la photographie, ou bien à l’adapter aux conditions de commercialisation qui sont celles des clients anticipés. La photographie représente à ce stade un paysage de décombres, en plan relativement large, qui pourrait être qualifié de plan d’ensemble (fig. 1). Au milieu d’un cadre urbain dévasté, devant un tas informe d’objets, où l’on reconnaît débris de voiture, branches d’arbres, morceaux de bois, déchets métalliques, se tient une femme, de trois quarts, serrée dans une couverture claire, le regard perdu vers le photographe.La photographie est un moyens pour s’exprimer et pour retranscrire une émotion.

La femme : la jeune femme adresse au spectateur, en gros plan, l’expression de sa détresse, comme un appel à la compassion. Le rapport à l’événement se singularise, en même temps qu’il met en place un autre régime de temporalité : non plus celle de l’accident industriel majeur, mais de l’intemporelle souffrance féminine, si fondatrice dans l’imaginaire visuel occidental. L’interprétation du drame se modifie sous l’effet de ce recentrement sémiotique : puisqu’on ne saurait expliquer l’inexplicable. Les catastrophes naturelles et les risques technologiques vertigineux auxquels condamnent des choix industriels présentés comme irrévocables l’image d’une jeune femme seule, le regard vide, enveloppé dans une couverture en laine beige, tenant à la main – détail dérisoire – un cabas de supermarché, au milieu des décombres dans la ville d’Ishinomaki, une des villes les plus touchées par le tsunami. Prise le 12 mars, soit le lendemain du séisme, c’est celle qui a sans doute été le plus souvent publiée cette semaine en couverture des quotidiens et des magazines à travers le monde.

L’art a une place considérable dans notre monde il permet de dénoncer, de montrer, de réagir de rire

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