Exposition de soi et dispositifs mobiles, rapport 2

RÉFLEXION SUR LA PRATIQUE DE L’EXPOSITION DE SOI

Depuis toujours notre identité, la manière de paraître en société, de s’habiller, etc… nous définit et différencie les uns des autres. Cela permet également de montrer une appartenance à un groupe social et une capacité d’adaptation certaine de l’être humain à son époque et notamment à la société. De nos jours, on peut qualifier cette dernière de constamment connectée. En effet, grâce à Internet et la mobilité qui lui est accordée par les téléphones portables, les ordinateurs, tablettes et autres dispositifs mobiles, il est désormais possible de tout connaître de quelqu’un vivant à l’autre bout du monde mais aussi de partager des informations sur nous-mêmes à qui nous voulons (mais aussi parfois à qui nous ne voulons pas).

Cette popularisation de l’Internet a mené à l’apparition de sites (et d’applications…) gratuits tels Facebook ou Instagram et payants sur lesquels nous pouvons poster des informations, en direct ou presque, sur nous, notre situation ou position géographique, nos opinions mais aussi et surtout des photos. La pratique du selfie (self = soi) s’est énormément développée dans les années 2000 et il est désormais très rare de rencontrer quelqu’un qui n’en fait pas ou qui n’utilise pas les réseaux sociaux. Ces réseaux deviennent une nouvelle forme de journal intime, finalement pas si intime. Sommes-nous poussés par notre époque à ne plus avoir de vie privée ?

Tous ces médias nous encouragent à poster et partager des informations comme si c’était une condition à l’intégration dans un groupe social. Qu’est-ce qui nous pousse à exposer ainsi nos vies ? On peut estimer que c’est par fierté, par besoin de reconnaissance ou par narcissisme ou encore pour bien d’autres raisons. Le mythe de Narcisse (noyé ou mort de faim selon les versions, par son reflet dans l’eau) nous rappelle que l’être humain est fasciné par lui-même mais aussi par la représentation de lui-même dans une autre matière que lui (Narcisse et l’eau, nous et notre miroir). Par exemple, les photos consistent en une traduction de notre être visible sur une matière virtuelle (les pixels changeants de couleur nous représentant sur nos portables, ordinateurs) ou tangible comme sur le papier glacé, etc…

Les enjeux de ses réseaux sociaux sont multiples, le profil est sensé représenter totalement une personne et il peut être visité par des amis, de la famille mais aussi par de possibles futurs employeurs. Ainsi, on peut voir que s’il a une visée intime à la base, n’importe qui peut accéder à notre jardin secret. Le terme réseau renvoie à un ensemble formé d’éléments qui communique et s’entrecroise, ce qui amène à penser qu’on ne connait pas la réelle portée et le réel impact de nos publications et photos sur Internet.

Ce que nous offrons à voir aux autres utilisateurs des réseaux sociaux est tout à fait volontaire : nous publions et donnons une image de nous-même qui nous plaît et qui devrait plaire aux autres, autrement dit, nous possédons notre image et la modifions comme bon nous semble. Il est indiscutable que nous montrons alors le meilleur de nous, une image parfois modifiée, filtrée, retouchée afin d’obtenir ce que nous pensons être normal. La norme est loin de n’être définie que par nous puisqu’interviennent aussi notre entourage, nos influences (musicales, théâtrales, littéraires…), ou aussi des médias tels que la télévision, les journaux, etc…  Ainsi, la dimension virtuelle propose de nouvelles possibilités que n’offre pas la réalité. Le langage, par exemple s’est transformé en icônes, en émojis et autres images synthétiques. Ce que nous écrivons peut être réfléchi et amélioré avant même d’être posté, encore une fois dans une volonté de maîtrise de notre image.

Cependant, il y a également la partie cachée de cette utilisation d’internet et des réseaux sociaux : les informations sont-elles enregistrées ? Qui peut voir nos publications, photos ? Qui possède les droits de ce que nous disons ? Nos photos sont-elles réellement effacées lorsque nous le faisons ? N’y a-t-il pas moyen d’en retrouver la trace sur Internet ? Des dossiers que nous croyions effacés ou disparus peuvent réapparaître car de plus en plus de personnes savent manier l’informatique. Il y a donc un problème au niveau de la sécurité et de la confidentialité de nos publications, ce qui peut ensuite parfois mener à des conséquences sur notre vie réelle.

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