Isabelle de Maison Rouge, Mythologies personnelles : l’art contemporain et l’intime. 2004 Résumé

Dans notre société actuelle, où la perte de repères pose problème, l’identité apparaît comme multiple, elle se construit et se revendique. Face à cela, les dispositifs d’exposition et de représentation de soi s’intensifient et se diversifient. Depuis les années 70, un grand nombre d’artistes s’intéressent à l’art de l’intime ; Christian Boltanski, Jean Le Gac, Annette Messager… Comment est traité l’intime dans ses représentations contemporaines ? Que nous disent les artistes sur la place de l’individu dans la société actuelle, sur son rapport à lui-même et à l’espace publique ? Quels sont les enjeux de l’art de l’intime ?

« J’aime mieux vivre, respirer, que travailler. Je ne considère pas que le travail que j’ai fait puisse avoir une importance quelconque au point de vue social dans l’avenir. Donc, si vous voulez, mon art serait de vivre ; chaque seconde, chaque respiration est une œuvre qui n’est inscrite nulle part, qui n’est ni visuelle ni cérébrale. C’est une sorte d’euphorie constante. »Marcel Duchamp dans un entretien avec Pierre Cabanne en 1966. Partant de cette considération, certains artistes décident de témoigner, de laisser trace de l’œuvre vécue. Claudio Parmiggiani, dans Terra, en 1989, fait enterrer une sphère marquée de l’emprunte de ses mains dans les jardins du musée d’art contemporain de Lyon.

Par ailleurs, l’extériorisation d’une subjectivité amène souvent avec force un ressentit ou une pensée à valeur universelle. Annette Messager utilise son univers personnel qu’elle traduit au moyen de techniques dites mineures (découpages, collages…). Grâce à cette force simple et très personnelle, elle dénonce avec ironie l’image de la femme dans la société.

Jean Le Gac décide, après des échecs consécutifs en peinture, de s’utiliser directement comme matière artistique. Par la pratique de l’autodérision, il met en scène le peintre mythique qu’il aurait rêvé d’incarner étant enfant. De manière plus large, l’autofiction permet aux artistes d’élargir les possibilités ayant attrait à leur individualité. Ainsi se créent de nouvelles temporalités, qui s’ajoutent à leurs propres vies. Comme le souvenir d’un rêve s’additionne à la mémoire éparse des évènements vécus.

Les constructions et reconstructions des personnalités se forment actuellement sur de nombreux supports. Le blog en montre un exemple intéressant ; il offre aux yeux de tous un moyen de connaissance d’une identité construite.

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