Exposition de soi Rapport 3 – Léa BASTIEN 15600326

Face à la surabondance des informations qui nous submergent chaque jour, l’exposition de soi est une manière de laisser nous aussi une trace, de s’intégrer et faire partie de cette globalisation des informations.

L’apparition de médias mobiles, la multiplication des caméras numériques et plus dernièrement des phonecam puis des smartphones ont conduit à une surmédiatisation du quotidien. A la portée de tous et ne demandant pas de recours à la technique ni à des moyens financiers, cette expression est devenue courante, allant de soi dans nos sociétés, ceci étant favorisé par la multiplication des plateformes de réseaux sociaux, de diffusion d’images et de vidéos. Rares sont les personnes qui ne possèdent pas de smartphone ou de compte facebook.

Ces actes d’expositions de soi, ces nouvelles manières de construire une identité, qui demeure souvent virtuelle, sont paradoxalement un moyen de reprendre pied sur le réel en réaffirmer son identité, sa singularité. Les gens peaufinent leurs réalité virtuelle jusqu’à oublier la vie IRL. Il n’est pas rare de discuter avec quelqu’un et que cette personne utilise à la même fois son téléphone, pour envoyer des messages ou regarder les notifications.

Les vidéos défilents, les images s’additionnent, sont repostées, partagées, likées. Dans les transports en commun les gens ne regardant pas un smartphone sont devenus minoritaires. Ces surabondances de soi semblent s’annihiler dans leur surnombre, les messages se ressemblent et ne semblent plus ajouter de contenu utile, jusqu’à faire oublier d’autres fonctions d’internet.

Cette quantité d’information est elle encore utile? Peut elle être significative?

Cette omniprésence des smartphones et réseaux sociaux centrés sur l’exposition de soi ne finit-elle pas par exclure l’ennui, fuir les question réflexions existentielles pour se concentrer sur des futilités?

Certains artistes ont su s’emparer de l’exposition de soi pour l’amener vers des chemins différents, vers des formes qui amènent les gens à prendre du recul, à la réflexion. L’oeuvre Café Little Boy de Jean-Luc Vilmouth, inspiré d’un mur d’une école qui après l’explosion de la bombe Hiroshima (Little Boy : nom de la bombe) n’avait pas été détruit et a été recouvert de messages de proches.

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Cette oeuvre qui date de 2002 (exposée à Pompidou jusqu’en 2015), ne fait pas directement référence aux réseaux sociaux qui n’étaient pas si développés à l’époque, mais un parallèle peut être fait avec ces centaines de messages qui en s’accumulant deviennent illisibles, chacun voulant ajouter un mot. Cependant Vilmouth a orienté cette acte participatif, cet acte d’exposition de soi à travers un thème sensibilisateur, une réactualisation des bombardements qui permet au public de ne pas oublier et de participer à la mémoire de l’événement.

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