La mémoire subjective

Tout d’abord, de part sa définition même, la mémoire désigne à la fois la capacité d’un individu ou d’un groupe humain de se souvenir de faits passés et se souvenir lui-même.

Cependant, l’expérience du souvenir ne se limite pas à une trace concrète telle une photo ou une vidéo gravée dans notre cerveau. Effectivement, d’après de nombreux spécialistes, comme Endel Tulving par exemple, la mémoire est une expérience subjective. Les souvenirs sont une reformulation de nos expériences, étroitement mêlés à nos sentiments et autres émotions qui peuvent les revisiter. Ainsi, notre mémoire est constamment réévaluée, et influencée : plus nous ”évoluons” dans notre présent, plus nos souvenirs vont être vus de différentes façons selon notre expérience de la vie.

Après l’analyse du travail de Florian Gadenne, nous avons réalisé un atelier sur la mémoire associée aux objets. Par groupe de deux, nous avons donc choisi de rédiger un court poème significatif sur un objet qui me tenait à cœur : une boucle d’oreille. Le voici donc :

”C’est une petite boucle d’oreille, ordinaire, simple.                                                                     C’est un objet discret, sans grande valeur, si ce n’est une valeur sentimentale.
C’est le dernier rempart d’avant la solitude. A lui seul, cet objet renferme le souvenir.          Le dernier souvenir d’un père pour sa fille, une part de vie, une tranche de bonheur.             C’est un amour sans vie, une vie sans père, une boucle sans fin, une oreille sans boucle.”

La mémoire subjective contenue dans l’objet fait donc office d’imaginaire et d’inspiration afin d’enclencher un processus de création artistique.

 

(Rapport de Marie Genty 15602373 et Baptiste Morandeau 15600632)

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