Réflexion sur l’utilité de l’exposition de soi “artistique” à l’époque des médias mobiles : le rapport au corps

Nous nous exposons quotidiennement que ce soit en buvant sur la terrasse d’un café ou en attendant le métro sur le quai.  La seule différence qui peut être faite entre une exposition dans la vie réelle et une exposition sur internet est que nous vivons dans une ère où les médias mobiles font partie intégrante de notre quotidien. Ainsi nous avons ce besoin constant de partage, comme si le simple vécu d’un événement, ne suffisait plus. Nous devons saisir l’instant ; capturer des moments de vies et en faire la démonstration en le partageant sur les réseaux sociaux.

S’exposer à travers ces médias paraît être le seul moyen apparent de laisser une trace matérielle de notre existence. Cette exposition passe par notre corps ou tout du moins par l’image qu’il renvoie.

C’est à travers ce corps que l’on se présente, s’affirme au monde et par extension aux autres par le biais des médias. Cet outil maître de notre nouvelle ère numérique est devenu aujourd’hui la trace de notre existence. Dès l’instant où l’on s’y expose, le mobile devient l’objet du regard pour nous et pour les autres et nous entretenons, parfois sans acquit de conscience, ce narcissisme, cet égocentrisme qui est souvent poussé à son extrême.

Les images que nous postons, que nous diffusons et que nous partageons deviennent une extension de notre « moi ». Une extension parfois fausse, reflet de ce que l’on doit être, aussi à travers le regard d’autrui en accord des nouvelles mœurs, convention mise en place par ces nouveaux médias. Tout doit être « beau », refléter une certaine esthétique de façons à avoir le plus de « j’aime » possible.  Les profils Instagram sont le parfait exemple de ces clichés, plus rien n’est laissé au hasard, les photos doivent être « parfaites » et ainsi faire rêver. Il est désormais question de filtre, d’angle, de tendance, de pose ,etc.…

Cette exhibition constante induit un nouveau rapport au corps. Il n’y a presque plus de limites à ce que nous montrons. Elle fait place à un véritable culte du corps. Le paraître à pris le dessus sur l’être. On s’extasie devant des images de silhouettes modelées que l’on consomme de manière compulsive. Poster la parfaite image devient une obsession incontrôlable.

Finalement l’exposition de soi induit des modes et codes esthétiques définit par ces médias ou l’apparence prime sur l’essence. L’image que nous renvoyons sur les plateformes sociales ne fait que renforcer ce diktat physique qui régirait une certaine idée de la beauté. L’image que l’on se crée ne devient plus qu’illusion et s’éloigne du véritable “être”.

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