L’exemple de Monsieur Le Prof, une auto-fiction d’un professeur sadique

Aujourd’hui, grâce au développement des réseaux sociaux, aux dispositifs numériques, nous écrivons peut-être plus souvent et plus de textes qu’auparavant. Quand on lit ces écrits numériques, puisque les auteurs sont conscients du regard des autres, le texte des posts des blogueurs ou la publication sur les réseaux sociaux a naturellement un caractère théâtral et auto-fictionnel. À votre avis, à l’époque de l’internet, cette ambiance nous facilite-t-elle à devenir un écrivain (de l’autofiction)? Quelle influence peut-il y avoir sur le domaine de littérature?

Pour répondre à cette question nous pouvons pendre l’exemple de Monsieur Le Prof. Monsieur Le Prof est, comme son nom l’indique, un professeur. Il enseigne l’anglais dans des collèges et lycées de la région parisienne. Par des posts sur les réseaux sociaux (500 000 abonnés sur Twitter et 250 000 sur Facebook), il raconte des anecdotes amusantes sur sa vie de professeur, sur ses échanges avec ses élèves, ou avec ses collègues.
Loin de l’image d’un professeur modèle, il aime jouer le rôle d’un professeur sadique, montrant comment torturer ses élèves…. Voici quelques uns de ses tweets les plus aimés:



Les réseaux sociaux lui permettent de rester anonyme, ce qui est bénéfique du fait des critiques qui pourrait lui être faites, ne collant pas à l’image qu’un professeur de l’éducation nationale devrait renvoyer, et parfois critiquant ce système. Mais, contrairement à ce que certains pensent, il explique que tous les tweets qui pourraient lui porter préjudice sont faux, et que dans la ‘vraie’ vie il n’est pas du tout comme dans ses tweets.

Il se définit comme un “gentil troll”, qui aime se mettre en scène ainsi que son histoire personnelle. Comme il l’a fait cette fois-ci sous son vrai prénom, William, sur son blog BD: http://partenairesparticulieres.com/ où il y raconte ses mésaventures sentimentales suite à son inscription sur le site de rencontre “Adopte un mec”.

«En réalité je suis un prof plutôt banal. Je suis assez strict, rigoureux et exigeant. C’est pourquoi j’écris que les élèves m’aiment sur Twitter, mais pas en vrai. Comme je suis passionné d’anglais et que j’ai envie qu’ils réussissent, je ne laisse rien passer. Même si j’incarne le ‘prof cool’ sur les réseaux sociaux, je suis un enseignant normal en cours, qui donne des devoirs et des punitions. Et, contrairement à mon personnage de prétendu ‘bourreau’ sur Twitter, j’aime mes élèves. J’ai bien sûr une affection pour eux, même les plus pénibles.»

Suite à son succès sur les réseaux sociaux, il a entreprit plusieurs projets de livres ou de publication d’écrits, tels que le Manuel de torture à usage des enseignants (en 5 volumes), le livre Monsieur le prof, ainsi que la publication de son blog BD Partenaires particulières en papier.

Couverture du livre Monsieur Le Prof, 2016

Extrait du Manuel de torture à l’usage des enseignants, volume 1, 2015

Une des illustrations de Partenaires particulières, tirée de ‘AdopteUneGeekette‘, 2014

A travers le parcours de Monsieur Le Prof, passant par les réseaux sociaux, puis les blogs, et enfin à des ouvrages « papiers », on peut donc penser que les réseaux sociaux et les blogs sont propices à la création d’écrits auto-fictionnels. Par les réseaux sociaux on obtient une réponse immédiate après avoir partagé un écrit, ce qui favorise l’échange et permet d’avoir un retour, positif ou négatif, de savoir si cela plaît. Beaucoup d’écrivains d’aujourd’hui ont d’abord fait ‘leurs preuves’ sur les réseaux sociaux ou sur les blogs, ce qui impacte forcément les écrits (littéraires) d’aujourd’hui.

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