Les selfies surréalistes d’Izumi Miyazaki

    Izumi Miyazaki est une jeune artiste d’origine japonaise de 21 ans. Elle reprend le principe de l’autoportrait en prenant des selfies qu’elle détourne grâce à des logiciels de retouche. Elle les partage ensuite internet via son blog (http://izumimiyazaki.tumblr.com/).

Elle met en scène ses selfies, dans un univers aux couleurs pastel rappelant le kawaii.

Cependant, ceux-ci sont souvent dérangeants. En effet, l’absence d’expression d’Izumi Miyazaki et ses mises en scènes souvent morbides s’opposent à l’univers coloré qu’elle propose.

Dans ce selfie, sa tête coupée saigne des tomates pelées et son corps l’abandonne. Le gore est atténué par la représentation du sang avec un aliment, cependant celui-ci devient organique et tout de même dérangeant. L’idée de solitude est mise en avant : elle est souvent présente dans ses photographies. En effet, elle est enfant unique et cette solitude l’a marquée. “Se dédoubler pour se sentir moins seule”, c’est ce qu’elle dit de ses œuvres où l’on retrouve plusieurs de ses clones, ses photos deviennent alors un terrain de jeu.

Sur ses selfies, l’artiste ne sourit jamais. Elle fait ainsi un clin d’œil à Miwa Yanagi chez qui “toutes les femmes, ironiquement, ont la même expression et sont privées de personnalité”.

Ses mises en scène sont directement inspirées du travail d’Alex Prager, un photographe jouant sur le côté filmique de ses mises en scène photographiques.

On retrouve aussi l’inspiration de Magritte et du surréalisme dans ses œuvres dont l’absurdité provoque souvent le sourire voire le rire ainsi que l’incompréhension.

Ses sujets de selfie varient autour de son quotidien, quotidien qu’elle se réapproprie et réinvente avec humour et irréalisme.

Elle utilise donc des dispositifs modernes (le smartphone pour prendre des selfies, Photoshop pour faire des retouches et Tumblr pour publier ses œuvres) pour produire, sûrement car ces technologies font partie de son quotidien et lui permette un partage rapide de son travail. Aujourd’hui, son travail est d’ailleurs reconnu, et elle monte maintenant des expositions (récemment, il s’en tenait une à Paris).

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