Art pour le partage de l’expérience, le message universel – Ai Weiwei (rapport 3, Tomasevic)

Ai Weiwei, né le 28 août 1957 à Pékin, est un artiste et militant contemporain chinois. En tant que militant politique, il a vivement critiqué la position du gouvernement chinois sur la démocratie et les droits de l’homme. Il a enquêté sur la corruption et les dissimulations au gouvernement. Une grande partie du travail d’Ai Weiwei se situe entre l’art et le militantisme, brouillant souvent les frontières entre les deux. Politiquement franc et utilisateur avide des médias sociaux, Ai crée des œuvres riches en symboles et métaphores qui attirent l’attention sur l’injustice sociale.

4851

Son documentaire « 4851 », est liée à un séisme de magnitude 8,0 survenu au Sichuan, en Chine. Le 12 mai 2008 à 14 h 28, plus de 5 000 élèves des écoles primaires et secondaires ont péri lors du tremblement de terre, mais leurs noms n’ont pas été annoncés. En réaction au manque de transparence du gouvernement, une enquête citoyenne a été ouverte pour connaître leurs noms et des détails sur leurs écoles et leurs familles. Au 2 septembre 2009, 4 851 personnes avaient été confirmées. Ce documentaire est un hommage à ces étudiants décédés et un mémorial pour les vies innocentes perdues.

Little Girl’s Cheeks

En décembre 2008, une enquête citoyenne a été ouverte dans le but de rechercher une explication pour les victimes du tremblement de terre au Sichuan. L’enquête a porté sur 14 comtés et 74 communes de la zone sinistrée et a permis d’étudier les conditions de 153 écoles touchées par le séisme. En rassemblant et en confirmant des détails complets sur les élèves, tels que leur âge, leur région, leur école et leur classe, le groupe a réussi à affirmer que 5 192 élèves avaient péri dans la catastrophe. Sur une centaine de volontaires, 38 d’entre eux ont participé aux travaux sur le terrain et 25 d’entre eux ont été contrôlés par la police du Sichuan 45 fois au total. Le documentaire « Little Girl’s Cheeks » est un élément structurel de l’enquête citoyenne.

Remembrance

Le 24 avril 2010 à 00h51, Ai Weiwei a lancé une campagne sur Twitter afin de commémorer les étudiants qui ont péri lors du tremblement de terre survenu au Sichuan le 12 mai 2008. 3 444 amis d’Internet ont livré des enregistrements vocaux, les noms de 5 205 péris ont été récités 12,140 fois. «Remembrance» est une œuvre audio dédiée aux jeunes qui ont perdu la vie lors du tremblement de terre au Sichuan. Ai Weiwei exprime ses pensées pour le décès de vies innocentes et son indignation de dissimuler des vérités sur l’architecture insatisfaisante, qui ont conduit au grand nombre d’écoles qui se sont effondrées pendant le tremblement de terre.

Affaire Yangjia « One Recluse »

En juin 2008, Yang Jia a porté un couteau, un marteau, un masque à gaz, du gaz poivré, des gants et des cocktails Molotov au bureau de la sécurité publique de Zhabei et a tué six policiers, blessant un autre policier et un garde. Il a été arrêté sur les lieux et inculpé d’homicide volontaire. Au cours des six mois suivants, alors que Yang Jia était détenu et que des procès étaient organisés, sa mère a mystérieusement disparu. « One Recluse » est un documentaire qui retrace les raisons et les motivations de la tragédie et fait l’investigation d’un processus judiciaire chargé de dissimulations obscures et de décisions douteuses. Le film offre un aperçu des réalités d’un système judiciaire contrôlé par le gouvernement et de son impact sur la vie des citoyens.

Law of the Journey

« Law of the Journey » de Ai Weiwei, crée une déclaration imposante. Présentant un bateau de 60 mètres de long encombré de centaines de réfugiés anonymes, l’œuvre met en lumière l’ampleur monumentale de la crise humanitaire. Le bateau pneumatique et les figurines sont fabriqués en caoutchouc noir et fabriqués dans une usine chinoise qui fabrique également les navires précaires utilisés par des milliers de réfugiés tentant de traverser la mer Méditerranée. « Law of the Journey » est la déclaration épique à plusieurs niveaux d’Ai Weiwei sur la condition humaine: l’expression d’empathie et de préoccupation morale d’un artiste face à des destructions et des carnages continuels et incontrôlables.

Human Flow

«Human Flow», un film épique mené par Ai Weiwei, donne une expression visuelle puissante à cette migration humaine massive. Le documentaire élucide à la fois l’étonnante ampleur de la crise des réfugiés et son impact humain profondément personnel. Capturé au cours d’une année riche en événements dans 23 pays, le film suit une série d’histoires humaines urgentes qui s’étendent à travers le monde, notamment en Afghanistan, au Bangladesh, en France, en Grèce, en Allemagne, en Irak, en Israël, en Italie, au Kenya, au Mexique et en Turquie. « Human Flow » est témoin de ses sujets et de leur quête désespérée de sécurité, d’abris et de justice: des camps de réfugiés grouillants aux traversées périlleuses des océans aux frontières entre fils barbelés; de la dislocation et de la désillusion au courage, à l’endurance et à l’adaptation; de l’attrait obsédant des vies laissées pour compte au potentiel inconnu de l’avenir. « Human Flow » arrive à un moment crucial où la tolérance, la compassion et la confiance sont plus nécessaires que jamais. Cette œuvre viscérale du cinéma témoigne de l’esprit humain inattaquable et pose l’une des questions qui définiront ce siècle: notre société mondiale émergera-t-elle de la peur, de l’isolement et de l’intérêt personnel et choisira-t-elle une voie ouverte, libre et respectueuse? pour l’humanité?

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