Exposion de soi, Rapport 3 :EXPOSITION DE SOI – ROMAN OPALKA

Roman Opalka est un artiste-peintre franco-polonais. Un des grandes maitres de l’art conceptuel de XXème siècle. Cette époque était marquée par des événements politiques et socio-économiques qui ont bouleversé le monde culturel et ont négligé plusieurs méthodes traditionnelles d’expression artistique. Ces événements avaient pour but de créer des nouveaux concepts de la compréhension du monde et d’expression artistique en prétendant de changer des moyens du développement culturel. L’artiste devient véritablement le créateur qui dans sa propre manière exprime sa vie et son essence pour matérialiser son soi en parler au spectateur à travers de sa connexion à l’œuvre et le lien entre le spectateur et l’œuvre.
Roman Opalka est connu pour les images numérisées et conceptuelles. Le travail de toute sa vie OPALKA 1965 / 1- oo – est comme la performance unique qui dure jusqu’à sa mort en 2011, pendant 46 ans. Au début en 1959 il entame le travail sur la série de peintures monochromes grises. Ils ont la texture en relief qui était admirée et font prévue du travail de raffinement et d’expressivité. Dans cette période Roman Opalka se trouve dans une recherche interrompue de lui-même et de son chemin artistique. Mais ça n’a pas libéré vraiment son soi. En parallèle de ce travail il a créé des dessins abstraits pour étudier la couleur, ses propriétés et ses limites dans toutes ses différentes variations et niveaux de concentration. Les cycles et les projets différentes : « Chronomes » – 1961-1963 ; « Phonémata » – 1963-1964 et le cycle « Bateau sur un coussin d’air » – 1963-1964, après la composition en bois « Intégration » – 1964-1966, tous ses recherches sont juste comme des expérimentations préparatoires pour qu’il utilise pour trouver le chemin de sa libération. Par exemple, ces Chronomes sont les premières essaies de capturer le temps sur la toile et manifester que chaque centimètre carré du tableau a la même valeur artistique.
En 1965 Roman Opałka trouve une idée artistique qu’il incarnera pendant toute sa vie. Cette idée consiste à rendre perceptible le temps irréversible. La réflexion philosophique sur l’existence humaine et en particulier sa dimension temporelle se matérialise dans ses œuvres artistiques qui se composent des détails (nombreux peintes sur toiles), des cartes de voyage, des photographies, des enregistrements sonores. Le projet s’appelle OPALKA 1965 / 1 – ∞ et il constitue un monument de l’infini, la matérialisation du temps sur la toile. Dans ses entretiens Opalka raconte que l’idée de ce projet était née quand il attendait sa femme dans un café. Elle était en retard et le temps d’attente a poussé l’artiste à matérialiser ses réflexions sur la dimension temporelle de la vie humaine.
Tout travail de l’artiste est basé sur le principe d’harmonie et de systématisation qui s’est transformé dans une idée de comptage progressif dans le projet OPALKA 1965 / 1 – ∞. Les dessins (Détails, Pages de voyages), et les images (images en anglais) représentent l’enregistrement linéaire méthodique et cohérent des moments du temps. Afin de les créer l’auteur a utilisé la peinture blanche sur une toile grise chaque toile suivante étant d’un pour cent plus légère que la précédente.
Au début de ce projet Roman Opałka travaille principalement sur la toile de 196×135 à la peinture acrylique à l’aide d’un pinceau. De 1965 à 1972 les toiles sont noires et en 1972 Opałka commence à peindre sur la toile grise, qui devient plus légère d’un pour cent au détriment de la couleur grise. A la fin du travail la toile devrait devenir complètement blanche avec le numéro écrit en blanc. Cependant, l’auteur n’a pas vécu jusqu’au ce moment. En 2008 il a déjà peint en blanc qu’il a appelé le blanc mérité. A la fin de chaque séance de peinture l’artiste photographiait son propre visage en arrière-plan des détails créés. De plus, les peintures et les photos étaient accompagnées d’un enregistrement vocal qui évoquait les chiffres respectifs. Chaque image porte le nom du premier et dernier chiffre.
L’artiste s’est fixé la tâche d’attraper l’instant vrai, le temps au concret. Le travail est devenu un prototype de la résistance et de la lutte d’un artiste-homme et de son essence intérieure. Les actions monotones dont se compose le travail artistique doivent être répétées pendant toute la vie d’artiste et peuvent prendre fin qu’à sa mort. Ainsi, les travaux deviennent les preuves de vie et la documentation de l’infini du temps. En accompagnant la production sur la toile par la photographie de son visage et l’enregistrement des chiffres, l’artiste voulait rendre visibles les liens qui unissent l’art et la vie d’un homme. Ce type d’expression artistique a attiré les regards extérieurs et a servi de moyen de réfléchir sur des questions éternelles de l’existence humaine. La philosophie et l’art se sont unis dans l’œuvre d’Opałka pour traiter la question du temps, son caractère éphémère et son inexorabilité, et l’adhésion inévitable à la fin qui est l’éternité. Le travail d’Opalka peut être comparé à l’abnégation, au service à son œuvre. Grâce au dévouement complet et à l’immersion de l’artiste, un tout unique apparait devant nous.
Dans ses recherches, un rôle important est joué par la décision de compléter les images avec des autoportraits photographique et des enregistrements sonores. Dans ses portraits, exécutés comme une photo pour un passeport en face à face, Opalka semble être un à un avec le temps. Il regarde résolument et hardiment dans l’objectif de caméra, dans le visage de la mort qui se cache derrière. En même temps il comprend certainement que la mort l’atteindra inévitablement. Les portraits servent de preuve de son existence. Son regard dit « Je suis là, je suis encore vivant ». Cependant, avec chaque nouvelle photographie, nous voyons des traces du temps sur le visage de l’auteur qu’il néglige.
Dans l’œuvre d’ Opalka on peut voir l’influence des portraits Fayoum. Ce sont les portraits qui ont été créés à l’époque de la domination romaine en Egypte dans I – IV siècle après J. C. Ces œuvres n’avaient pas pour but la conservation de mémoire des proches décédés. Les portraits ont été enterrés avec le corps de l’homme représenté et devaient apparaitre devant l’éternité. Ils symbolisent le regard ouvert de l’homme face à la mort. En dépit du fait que les œuvres de Roman Opalka sont destinés à l’exposition public, ils sont complètement imprégnés d’une telle idée. Les photos cachent le lien intime, le dialogue d’une personne avec la mort. Voici comment l’artiste lui-même en a parlé : « Pour appréhender le temps, il faut prendre la mort comme une dimension réelle de la vie. L’existence de l’être n’est pas une plénitude, mais un état où il manque quelque chose. L’être est défini par la mort qui lui manque”.
Ainsi, cette artiste franco-polonais affronte la mort non pas avant son arrivée, mais tout au long de sa vie. Opalka semble s’éloigner de tout ce qui dépasse son travail et vit en elle. Il capture la durée même de sa vie. En propageant et développant son travail comme quelque chose de parallèle à toute dimension Roman Opalka forme le principe de la perception du produit final. L’artiste ne prend pas en compte que l’espace possible de l’exposition. D’une certaine manière, un tel principe, mais sous une forme essentiellement légère, est observé chez Chris Ware. Cet artiste américain spécialisé dans la bande dessinée utilise dans son travail un dispositif fictif potentiellement utilisable pour des développements sans fin. C’est ce que l’on appelle la condensation elliptique du temps. Elle permet à l’auteur d’utiliser la relation entre les caractères humains dans le temps et dans l’espace, ainsi que par rapport aux autres objets environnants. Ainsi, dans ses œuvres, Chris Ware dépeint la vie entière du personnage de sa naissance à sa mort ce qui fait la base de l’histoire.
La force du travail d’Opalka réside dans la réalisation de la relation et de l’accord entre la vie de l’artiste et de son travail. La réalisation de l’objectif est la mort de l’artiste, et donc le dernier point de son travail. Après avoir enlevé toute chose inutile l’artiste n’a qu’un corps physique chargé du temps terrestre, la forme matérielle de ce temps est une infinité numérique, que personne ne peut comprendre. Le temps, pour ainsi dire, mesure l’artiste en comptant chaque coup de pinceau pendant la création de l’image. Comme le héros du célèbre roman de Daniel Defoe, Robinson Crusoe, qui vit sur son l’ile, Opalka considère le temps qui passe à travers ses toiles.
Il est intéressant de noter que l’artiste vit dans ses peintures dans une plus grande mesure que dans les enregistrements vocaux. Chaque chiffre écrit par lui contient une partie de l’auteur, créant ensemble son image vivante. Au moment de la création, l’auteur a investi dans ces coups, touches de pinceau. De plus ses tableaux sont taillés comme corps de l’homme 1m95 x 1m35. C’est ce qui montre la vitalité et naturalité, et non le conceptualisme de son travail.
Roman Opalka ont bien formulé lui-même son exposition de soi : « Je voulais manifester le temps, son changement dans la durée, celui qui montre la nature, mais d’une manière propre à l’homme, sujet conscient de sa présence définie par la mort : émotion de la vie dans la durée irréversible. » Dans le travail de Roman Opalka, le sens est surprenant, il nous montre non seulement sa vision du monde, mais il nous montre son chemin de la connaissance de soi ou plutôt les premiers pas dans l’éternité…

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