Auto-fiction : “Disparition”

À l’époque j’étais en 5ème, je venais d’arriver dans ce nouveau collège et mon intégration était difficile. J’avais la tête dure et parlais peut-être trop honnêtement. Mon caractère et mes passions m’avaient étiqueté de garçon manqué. A force j’ai appris à être discrète et à me faire ignorer. On ne le dira jamais assez mais la solitude est une bonne amie fidèle. En milieu d’année une nouvelle proie venait d’arriver, malheureusement pour elle, elle était trop différente pour se faire accepter. Le même scénario s’est alors répété : présente-toi, défends-toi, soumets-toi ou alors replie-toi. Au moins à la fin on te laissait le choix.

Bien qu’elle ne m’avait fais aucun mal, je préférais ne pas la voir. Répondre par politesse c’était déjà beaucoup à faire. Puis un jour, à l’heure de la récréation elle avait embrassé toute la classe. J’avais trouvé ça bizarre de prendre dans ses bras ceux qui n’hésitent pas à te casser du sucre sur le dos. Surtout qu’en plus de ça on allait se revoir après le week end. Mais en fait non, elle n’est plus jamais revenue, elle avait disparu du jour au lendemain.

Après son départ, les gens s’interrogeaient sur sa disparition soudaine. Mais rassurez-vous, elle fut le sujet de discussion d’une heure de cours seulement.

Cela faisait plus d’un an qu’on n’avait plus de nouvelles d’elle, sa disparition m’avait vraiment marqué. Elle est partie en remerciant chacun d’entre nous. Au final je tenais peut-être à elle. Ma 4ème fut une année chaotique sûrement comme la plupart d’entre vous : les problèmes familiaux, l’harcèlement scolaire, mon manque d’investissement dans mes cours tout cumulé et mes notes devenaient aussi abominable que l’état de ma chambre un vendredi soir. J’avais beau faire des efforts, essayer d’être heureuse, rentrer dans les codes, ou du moins faire semblant, ma situation ne changeait pas.

Lors de ma dernière année au collège, j’avais entendu des surveillants parler de cette fille disparue. Je n’ai pas pu m’empêcher de les écouter par curiosité. Et c’est ce jour là que j’ai su la vérité. Elle est décédée dans un accident de voiture. Ses parents étaient divorcés et se disputaient la garde de leurs enfants. Un soir son père alcoolisé était déterminé pour la récupérer ainsi que sa petite sœur. Sa mère avait prévu de partir avec elles. Alors, sous un excès de colère, le père a battu sa femme à mort et s’est suicidé au volant de sa voiture, accompagné de ses filles.

Je pensais qu’une fois arrivée au lycée, cette histoire je l’aurai oubliée. Mais j’ai toujours ces mêmes pensées pour ces gens et pour cette vie. Je n’ai qu’une envie c’est de revoir son visage, j’en ai que peu de souvenirs, plus le temps passe et plus j’oublie son sourire. Ma culpabilité s’est entichée de moi.

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