Autofiction

 

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Un fort sentiment d’appréhension et de peur de l’inconnu m’envahissaient quand je fis mon premier pas hors du train. Les paysages vus à travers la vitre m’avaient aussi fait comprendre que je n’étais plus chez moi mais ce n’était pas la même chose que de mettre pied à terre dans une ville inconnue. En sortant du wagon, je me retrouvai face à une petite gare peinte en rose pastel et beige. De part et d’autres du quai, je voyais toutes sortes de scènes. Ici, un jeune homme tirant une petite valise était accueilli par un couple, sûrement un étudiant rentrant chez lui après les vacances. Là, un homme récupérait la valise que lui tendait une femme sans dire un mot, un couple fâché ? Là-bas, une vieille dame tire son chariot de courses plein à craquer pour rentrer chez elle, ou encore une famille qui sort bruyamment de la gare. Des scènes de tous les jours qui peuvent faire sourire.

Suivant le plan que j’avais en main, j’empoignai ma valise et sortis de la gare en tournant à droite. Après seulement quatre minutes de marche, j’arrivai devant l’adresse qu’on m’avait indiquée. Il s’agissait d’une grande maison de trois étages entouré d’un jardin dont la pelouse était très bien entretenue. Les propriétaires m’ayant envoyé les clefs une semaine auparavant par courrier, j’ouvris le portail avec la plus grande d’entre elles. Seuls quelques mètres séparaient le portail de la maison en elle-même mais plus je me rapprochais, plus le pavillon semblait s’agrandir. Je gravis les marches menant à la porte d’entrée, non sans difficulté avec mon lourd bagage. Je franchis le seuil qui ne devait pas faire plus de trois mètres carré et je me retrouvais avec surprise dans une cuisine.

C’est alors qu’un jeune homme entra dans la même pièce par la porte d’en face. Plus grand que moi, il avait les cheveux châtain clair et portait un T-shirt, un short et des tongs comme tous les jeunes en cette fin d’été. Comme il avait la tête baissée sur sa console de jeu, je ne voyais pas son visage.

« T’as fait vite Erik ! T’as pensé à acheter les glaces que je t’avais deman…, il s’interrompit en levant les yeux sur moi. Tu… n’es pas Erik.

– Bonne déduction Sherlock. »

Mince, voilà ce qui s’appelle une mauvaise première impression. Ce n’est pas comme ça que je vais réussir à me faire de nouveaux amis.

« Désolée, un réflexe. Si tu veux, je ressors et on recommence.

– Non, non, répliqua-t-il en riant. Ne t’inquiètes pas je l’ai mérité, ça m’apprendra à avoir le nez plongé dans mes jeux. Au fait, je suis Nathan. Tu dois être Nina, la nouvelle qui devait arriver aujourd’hui ?

– T’as tout deviné, Sherl… euh Nathan.

– T’es marrante, toi ! dit-il en éclatant de rire. Allez suis Sherlock, il va te faire visiter la pension ! Bon, là tu es dans…

– De qui tu parles en hurlant dans toute la maison pendant que certains tentent de travailler ? interrompit un garçon qui entra dans la pièce.

Il faisait à peu près ma taille, dans les mètres soixante-dix, et portait des lunettes. Son air sérieux me fit rendre compte qu’il devait être un peu plus âgé que je ne le pensais. Il me lança un regard surpris puis se tourna vers Nathan.

« Depuis quand t’amènes tes copines dans la pension ? fit-il le plus sérieusement du monde.

– Raconte pas n’importe quoi, c’est Nina, la nouvelle. Eh mais attend, t’es rentré hier et t’es déjà en train de bosser ?! s’exclama-t-il avec un air faussement scandalisé. Tu reviens d’une sorte de camp de vacances pour intellos et la rentrée est dans une semaine, quand est-ce que tu t’amuses, mec ?

L’ignorant royalement, le garçon se tourna vers moi et son regard s’adoucit un peu.

« Enchanté de te connaître Nina, je suis Charles mais tu peux m’appeler Chuck.
– Euh… De même, Chuck, répondis-je hésitante, son ton formel m’intimidait.

– Détends-toi Nina, il est gentil même s’il est super sérieux et tout. Si tu as du mal en cours, il t’aidera sans problème.

– Oui enfin toi, c’est surtout ta médiocrité qui me fait pitié, dit Chuck en secouant la tête.

– Oh ça va hein, je ne suis pas si nul que ça non plus !

– L’espoir fait vivre, mon cher, l’espoir fait vivre, déclara Chuck en tournant les talons. Je serai dans ma chambre si tu es trop stupide pour faire visiter la pension !

– Il m’énerve lui, marmonna Nathan. Désolé pour l’interruption, reprit-il en me souriant.

– Y a pas de mal. Tu en étais à la visite.

– Oui. Je disais donc voici la grande cuisine qui fait aussi salle à manger. Ne me demande pas pourquoi on tombe sur la cuisine juste après l’entrée, je me suis posé la même question en arrivant ici et je n’ai toujours pas la réponse.

– Voilà un mystère à résoudre Sherlock, le taquinai-je.

– Je m’y mettrai quand j’aurais le temps ! Sinon, pour la cuisine, en général chacun la fait à tour de rôle pour tout le monde au dîner. Au déjeuner, on est au lycée donc pas besoin mais là on est en vacances donc on voit sur le moment. Pour le p’tit déj’, c’est chacun pour soi. Dans le frigo, si tu veux un truc rien que pour toi, écris ton nom dessus, parce que sans nom, ça appartient à tout le monde.

– Ok, j’ai tout enregistré.

– Cool, bon, salle suivante. »

Je le suivis hors de la salle. Dans le couloir qui faisait à peine deux fois l’entrée, seule une des cinq portes était ouverte, celle qu’avait empruntée Chuck pour retourner dans sa chambre. Nathan me conduisit à l’intérieur. Il s’agissait d’un salon donnant sur un balcon. Seuls un écran plat sur le mur, une table basse et un canapé meublaient la pièce, bien que quelques jeux reliés à la télévision étaient visible dans le meuble sous celle-ci.

« Voici le salon comme tu peux le constater. C’est la seule télé commune à tout le monde dans la maison.

– Les jeux sont à toi ?

– Comment t’as deviné Watson ? Eh me lance pas ce regard, c’est pas parce que je jouais tout à l’heure que ça m’appartient forcément, j’suis pas tout seul dans cette pension !

– Certes mais tout laisse à penser que c’est le cas.

– Oui, bon d’accord tout est à moi mais tu peux y jouer quand tu veux si tu en as envie. Maintenant suis-moi on ressort. L’autre porte mène à l’étage où il y a les chambres, on y montera tout à l’heure. »

De retour dans le couloir, il ouvrit la deuxième porte à droite. La pièce était envahie de livres du sol au plafond. On pouvait à peine passer à deux entre les rayonnages. Ce doit être pour cela qu’à peine avions-nous franchis le seuil de la pièce, qu’une pile de livres nous fonça dessus sans qu’on s’y attende. Sonnée par la chute, je me retrouvai assise parmi une vingtaine de livres, un Nathan qui se tenait le coin de la tête et une fille à quatre pattes devant moi.

« Pardon je suis vraiment désolée, je ne savais pas qu’il y avait quelqu’un, je ne voyais pas où je marchais, s’empressa-t-elle de s’excuser en tentant de ramasser les livres autour d’elle.

– Ne t’inquiètes pas Anna, ce n’est pas grave. Tiens tu as fait tomber tes lunettes, répondit Nathan en les lui tendant. »

Elle les remit en le remerciant et sembla enfin me remarquer. Elle avait des cheveux bruns un peu roux attachés par deux couettes de chaque côté du cou. Elle avait de jolis yeux gris et ne semblait pas faire plus d’un mètre cinquante.

« Ah bonjour, je suis Anna. Je suis vraiment désolée de vous avoir bousculé, ajouta-t-elle en baissant les yeux.

– Il n’y a pas de mal, je ne suis pas blessée. Je suis Nina.

– Enchantée. Je… Nathan, pourquoi tu te tiens la tête comme ça ? Tu saignes ?! paniqua-t-elle.

Calm down la miss. Je n’ai rien, regarde je ne saigne même pas. Le livre m’est juste tombé dessus c’est tout. Allez tiens, reprend tes livres. Attend, non, prends-en seulement quelques-uns, je t’apporte le reste tout à l’heure. Je fais d’abord visiter la pension à Nina.

– T’es sûr ? C’est lourd tu sais.

– Je ne suis pas fait en sucre ! Et si toi t’y arrives, j’y arriverai sans problème.

– Bon si tu le dis, céda-t-elle en s’éloignant avec cinq livres dans les bras. »

Je ramassai les reste d’entre eux avec Nathan et les posâmes près de l’entrée de la bibliothèque.

« Ne lui en veux pas pour la collision, Anna est juste timide et très maladroite. Mais dès que tu la connaîtras un peu mieux, tu verras qu’elle est adorable. La petite sœur rêvée !

– Je n’en doute pas. Mais dommage qu’elle baisse tout le temps la tête, elle a de si jolis yeux !

– Je n’arrête pas de lui répéter ! Voilà la salle de muscu’ ! »

Il avait ouvert la porte juste à côté de la bibliothèque pendant qu’on discutait. Elle était très sobre et très peu meublée. Un tapis de course, un sac de sable, un bench-press et deux bancs occupaient la pièce.

« En général c’est pas ce qui intéresse le plus les filles, mais si ça te dit un jour…

– Oui, merci mais sans façon.

– Bien, suis-moi. »

Il ouvrit la porte adjacente à la salle de musculation, qui donna sur une salle de bain.

«  Là encore, c’est chacun son tour pour savoir qui prend sa douche en premier parce que le dernier à passer n’a pas une eau très chaude.

– Compris. »

On ressortit de la pièce et je suivis Nathan qui récupéra les livres d’Anna et passa devant la dernière porte sans s’arrêter pour se diriger vers le séjour.

« Euh tu n’as pas oublié une salle ?

– Hum ? fit-il en se retournant. Ah non, cette porte est verrouillée. Elle donne probablement sur les escaliers menant à la cave puisqu’elle se situe juste en-dessous de ceux qui mènent à l’étage. En tout cas on n’a pas la clef. On n’a jamais su ce qu’il y avait là-dessous. On a essayé de voir à travers les fenêtres mais elles sont toutes condamnées par des planches de bois depuis l’intérieur.

– Et tout ça n’a pas titillé ton instinct Sherlock ? Je suis étonnée.

– Évidemment Watson ! J’ai tout fait pour y entrer mais impossible ! Si tu trouves un moyen, appelle-moi. Je serai ravi de t’y accompagner. »

Sur ce, je le suivis à l’étage. Il y avait six portes, toutes fermées. Nathan se dirigea vers l’une d’entre elles, la troisième en partant de la droite, et toqua. Anna ouvrit la porte et nous invita à entrer. Il s’agissait d’une chambre simple mais elle l’avait décoré avec goût. Plus longue que large, avec son plafond en pente, l’ambiance y était douce et apaisante. Je trouvai qu’elle ressemblait beaucoup à sa locataire. Nous ne nous y attardâmes pas et ressortîmes.

« Ces trois chambres sont celles des filles et celles-là des garçons, dit-il en me montrant respectivement les trois portes de droite puis de gauche. Celle-ci est la tienne, ajouta-t-il en me montrant la porte du milieu. Si tu as besoin de moi je suis ici, indiqua-t-il en pointant la chambre à côté de celle d’Anna. Chuck est en face de toi et Erik et Nora occupent les deux dernières. Tu ne les as pas encore rencontrés mais ils sont aussi très sympas. Erik est parti faire les courses et Nora arrive demain.

– Ok. Je récupère ma valise et je m’installe dans ma chambre.

– Attend je vais te la chercher. »

About jacqueline.han

1. Cela fait maintenant neuf ans que j'admire de tout ce qui touche aux mangas. Par ailleurs, avec l'aide de ma sœur aînée, nous avons acquis durant tout ce temps un total de plus de quatre cents tomes actuellement. Bien évidemment, en lisant ces mangas il m'a fallut comprendre certaines choses en rapport avec le Japon, ce qui m'a encouragé à m'y intéresser de plus près. Ce ne fut pas très difficile, étant donné que je suis d'origine chinoise et que ces deux pays ont certaines ressemblances. De plus, tout ce qui touche à l'univers du cosplay, du puripuka/print club, des jeux vidéos japonais, sans parler de la musique et des dramas, me semblent très familiers. Je pourrais presque dire que j'ai grandi dedans. De plus, j'ai aussi participé à plusieurs expositions présentés à Paris (Japan Expo, Chibi Expo, Paris Manga, etc...) qui encouragent à comprendre un peu la culture japonaise. Par ailleurs, je pense qu'aucune personne de ma génération ne pourrait prétendre être sans expérience avec un dispositif mobile. En effet nous sommes la génération qui avons littéralement grandi avec ces technologies nouvelles. Quasiment personne de notre entourage ne se balade sans un téléphone portable sur soi, mobile qui se développe toujours sans interruption. De plus, il existe de plus en plus de moyens de s'exposer dans notre vie actuelle. L'un des premiers est, tout simplement, Internet qui permet à un anonyme de se faire connaître de part le monde à l'aide de blogs ou de sites tels Facebook. Tandis qu'auparavant, ce n'était pas aussi simple, ou pour être précis, c'était différent. Il fallait, par exemple, exposer sa musique pour s'exposer soi-même ou, dans un cas général, son travail. Ce sont donc mes centres d'intérêt en rapport avec le cours, ainsi que l'intérêt que j'y porte. 2. En lisant le descriptif du cours et en participant au premier cours, je me suis rendu compte, tout simplement, qu'il s'agissait d'un cours qui allait me plaire. Ce cours comporte beaucoup de sujets que j'aime, qui suscitent mon intérêt et titillent ma curiosité. Je ne pense pas pouvoir ajouter quoi que ce soit à ma motivation puisque tout est dit dans mes centres d'intérêt. J'aime à croire qu'il s'agira d'un cours qui mêlera plaisir et curiosité. Je suis, par conséquent, plus que motivée pour y participer. 3. Je ne pense actuellement à aucun sujet à traiter en plus des vôtres, je ne manquerai pas de vous en parler si j'y pense à nouveau.
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