Récit de soi,

Multiplicité des formes de récit de soi :

Le récit de soi peut passer par plusieurs méthodes et prend forme au quotidien dans une infinité de supports. il va du journal intime à la biographie, filmée ou écrite, en passant par les mémoires, les blogs, et va même jusqu’à l’autofiction, des carnets de croquis, des carnets de notes personnelles, livres de recettes annotés, récit en image, ou les posts de statuts/photos sur les réseaux sociaux etc …

Il s’agît d’une réflexion de soi sur soi, mis en relation avec l’autre, le regard de celui qui lit influe alors sur le récit,

Se dévoiler permettrait alors de créer du lien social, mettre en avant son quotidien  d’usager  lambda de la vie, reviendrait à s’individuer, ces supports sont donc un moyen d’amener la représentation de soi et transcrivent la singularité d’un regard sur le monde

Il y a dans la mise en œuvre du récit de soi un besoin de se raccrocher à un espace temps : pouvoir placer les souvenirs dans le temps , défragmentée la mémoire, par le biais de post quotidien, au travers des blogs et réseaux sociaux, l’individu met en avant son histoire, c’est une forme d’exhibitionnisme, partager son intimité, sa vie privée, aux yeux de quasi inconnus ou presque.

Cependant, l’être humain n’a t-il pas pour le différencier des autres formes de vies, la faculté de mettre en mot, l’expression de son être :

L’individu n’est qu’un élément en réseau avec le monde qui l’entoure, société, politique, vie privée, un électron libre en quelques sorte mais dépendant de ce qui l’entoure.

L’être humain donc se raccrochent aux souvenirs, à son passé par des éléments palpables, concrets.

«  […] une des dimensions constitutives de l’expérience humaine: (c’est) la capacité de l’être humain à configurer narrativement son existence et à biographier son expérience singulière du monde historique et social »

Dans La condition biographique
Essais sur le récit de soi dans la modernité avancée
Christine Delory-Momberger

 

Se dévoiler permettrait alors de créer du lien social, mettre en avant son quotidien  d’usager  lambda de la vie, reviendrait à s’individuer, ces supports sont donc un moyen d’amener la représentation de soi et transcrivent la singularité d’un regard sur le monde … par exemple pour Sophie Calle dans : Des histoires vraies, relate à travers des photographies et des courts récits des parties/fragments de sa vie, qui sont donc choisis de manière volontaires, avec une description. Ce qui en fait une forme de récit de soi.
Dans l’autobiographie ou le récit de soi on peut parler d’individualisme, c‘est une «  […] réflexivité de soi sur soi » p11, dans un premier temps, on place celui qui écrit au centre de ce travail, c’est, amené une sorte de travail méditatif sur soi, son être.
Cela en fait-il une démarche narcissique ? Du fait de décider d’être l’objet de son récit.

P16
« L’écriture de soi découvre tout un ensemble de perceptions émotives, de sensations corporelles à la limite de l’un et de l’autre, de l’âme, […] elle repère au départ du désir, ce centre soi par lequel se fait au bout du compte toute activité mentale »

 

Retranscription du souvenir/temporalité :

Il y a dans la mise en œuvre du récit de soi un besoin de se raccrocher à un espace temps : pouvoir placer les souvenirs dans le temps , défragmentée la mémoire, par le biais de post quotidien, au travers des blogs et réseaux sociaux, l’individu met en avant son histoire, c’est une forme d’exhibitionnisme, partager son intimité, sa vie privée, aux yeux de quasi inconnus ou presque.

comme on a pu le voir dans les plages d’Agnès, de Agnès Varda elle recrée les scènes de ses souvenirs, tente de retourner sur les lieux du passé, elle parle « d’un puzzle » dont on ne retrouve jamais toutes les pièces, son travail est une manière de reconstituer en partie la mémoire.

P27 :
« L’être humain fait l’expérience de sa vie et de lui-même dans le temps […] pour figurer le déploiement temporel de leur vie, les hommes recourent à des mots et à des images qui ont pour point commun de désigner un espace à parcourir dans le temps »
L’être humain donc se raccrochent aux souvenirs, à son passé par des éléments palpables, concrets.

 

Mettre en relation le soi et le monde :
évolution de l’individu.

P54 :
« L’expérience première de l’espace, c’est celle du corps. Du corps comme espace et du corps dans l’espace? Parmi tous les espaces, le corps a ceci de particuier qu’il est l’espace qui est toujours là / non pas un lieu parmi d’autres, mais le lieu à partir duquel s’originent toutes les expériences de l’espace et toutes les expériences de soi dans l’espace, et celui auquel elles reviennet. Le corps est ainsi, le lieu-fondement de « l’habiter ».»

Expérience formatrice, récit qui amène à une réflexion sur soi, on apprend quelque chose, « récit de formation », nouvelle interprétation de données.

L’individu n’est qu’un élément en réseau avec le monde qui l’entoure, société, politique, vie privée, un électron libre en quelques sorte mais dépendant de ce qui l’entoure.

Charles Wright Mills (sociologue américain) :
«  L’existence individuelle ne peut se comprendre sans faire appel aux institutions au milieu desquelles la biographie est vécue »

Et pourtant face à la vie en communauté, puisque le reste du monde existe, face à cela il y a l’idée de destin personnel, écrire son histoire, celle qui nous est propre, une manière de s’individuer, p21 :Citant Marcel Gauchet « […] l’individu contemporain est renvoyé à lui-même et à son destin individuel dans les différentes sphères de la vie publique […] »

 

Il y aurait donc 3 niveaux d’articulation autour du récit de soi :
«  En premier lieu le niveau d’intériorité, de l’intimité, on pourrait dire de l’individuation? Résultante d’une histoire, de la série des évènements vécus, cette strate est profondément attachée au corps.
[…] Le deuxième niveau serait celui de l’identité. C’est la place, le statut, l’appartenance, l’attachement, c’est-à-dire tout ce qui appelle le regard d’autrui, la reconnaissance, mais entraîne aussi des régularités sociales, des inégalités réelles, des préférences issues de la culture au sens anthropologue.
[…] Enfin, le troisième niveau est celui de l’intersubjectivité (ou la relation). C’est d’abord la prise de l’humain dans le langage puis la réalité de la rencontre avec l’altérité, la nécessité de la coopération ou de la compétition, selon la forme des rapport sociaux qui est valorisée. » p13

«  La recherche biographique […] se donne pour objet d’étudier les processus de construction du sujet au sein de l’espace social, c’est-à-dire saisir les manières dont les individus donnent formes à leurs expériences, comment ils font signifier les situation et les évènements de leur existence, comment ils agissent et se construisent dans leurs environnements historiques, sociaux, culturels et politiques » p 17

 

 

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