France et Japon : deux manières d’appréhender le téléphone portable

Le téléphone portable, s’il est apparu tant en France qu’au Japon dans les années 90, s’est développé différemment dans ces deux pays. On remarque d’ailleurs que cette évolution a suivi les besoins des utilisateurs : dans l’Hexagone le téléphone est surtout utilisé pour ses fonctions primaires : communiquer (appels, sms). Il n’était donc pas rare de trouver, encore au début des années 2000, des appareils sans fond d’écran (uniquement un fond vert en ce qui concerne mon premier téléphone), un ou deux jeux, et pas grand-chose d’autre. En revanche, les Japonais se sont très rapidement approprié le téléphone portable : c’est devenu un véritable phénomène de société. Il s’est donc vite adapté aux exigences des utilisateurs : écrans plus larges, couleurs, fonction photographie.

De nos jours, on peut dire que le téléphone fait partie intégrante de l’espace public : d’une part il permet de gérer de nombreux aspects de notre vie (banque en ligne, paiements, consultation des mails, réseaux sociaux, etc.) et d’un autre côté, il est présent partout. Il suffit de prendre les transports pour s’en rendre compte : dans le RER, plus d’un tiers des passages (moi y comprise) consultent leur téléphone. Il faut reconnaître que cela permet aussi de passer le temps. Au Japon c’est encore plus frappant : tous les passagers utilisent leur mobile.

Cependant, le temps qu’a mis l’évolution du téléphone portable en France et au Japon n’est pas la seule différence notable. On constate en effet (gardons l’exemple des transports en commun) que le téléphone est un gadget bruyant, et qui peut s’avérer très dérangeant dans ce genre d’endroits. Et bien que la fréquence de consultation des mobiles soit plus importante au Japon qu’en France, les japonais sont beaucoup plus respectueux dans les espaces publics : aucun son ne sort des téléphones. Au contraire, il n’est pas rare de croiser dans le métro (ou même dans la rue) quelqu’un qui se balade en musique, et qui en fait profiter toute la rame.

Dans la sphère privée, le téléphone peut également être nuisible. Il peut par exemple accaparer des parents pris par leur travail et recevant sans cesse des mails ou des appels. Les enfants ont également tendance à ne plus lâcher leur portable, envoyant sans cesse des sms à leurs amis. Cela peut couper le dialogue et compliquer les relations familiales.

On peut donc dire que français et japonais appréhendent différemment le téléphone portable, depuis son émergence et encore aujourd’hui ; premièrement dans l’usage qu’ils en font (très basique en France : il sert surtout à communiquer, bien que depuis quelques années les jeux se développent avec les plateformes comme Android ; très polyvalent au Japon : il sert à gérer toute la vie de son utilisateur, de l’aspect le plus futile au plus important). Cette différence si situe aussi dans le comportement des utilisateurs : si le téléphone est indispensable dans la vie des japonais, il est néanmoins considéré comme un gadget nuisible, et l’espace des autres est très respecté (caractéristique que l’on retrouve beaucoup moins en France).

Pauline NOYELLE

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