Cosplay, armure de la réalité.

Le cosplay, est un néologisme provenant de « costume playing », il s’agît d’une pratique consistant à incarner des personnages de mangas, d’animation, de film ou de jeux vidéo en imitant leurs costumes, leurs coiffures, leurs maquillages, mais aussi en prenant possession de leur personnalité, manière d‘agir, de chanter ou de combattre etc…”C’est ce qu’on appelle le roleplay, et c’est effectivement une dimension essentielle du cosplay”.

Incarner un personnage de fiction est évidemment au cœur de ce qui plaît aux cosplayeurs. Ce phénomène est arrivé en France il y a quelques années, on compte environ 1500 adeptes de cette pratique, mais elle est beaucoup plus vécue en Europe comme un jeu de rôle très théâtralisé, il n’y a pas cet enjeu du quotidien, les jeunes adeptes se retrouvent lors des conventions comme la Japan Expo à Paris, mais vous n’aurez que rarement l’occasion de croiser un cosplayeur dans votre vie de tous les jours, alors qu’au Japon c’est chose commune.

La mode japonaise est accompagné de looks extravagants et apporte une part d’exotisme en France « Ils ont une inventivité visuelle exubérante qu’on ne trouve pas en France […] le groupe master miser se travestissent, cela peut donner l’impression que le Japon est libre, pourtant sa jeunesse vit dans la contrainte » confirme Jean-Marie Bouissou historien spécialiste du Japon, c’est ce que la communauté manga oublie.

Ce besoin d’exhibition, de s’exposer, est une édivente manière de se mettre en avant. Ce qui correspond à la génération « otaku »,de la trempe des romans mobiles, où l’auto fiction est de mise; où l’on incarne une fois de plus un personnage pour raconter une histoire. Ce travestissement par le cosplay est une manière de vaincre la timidité et l’isolement de ces jeunes gens. Vivant dans un quotidien plein de pudeur et de contrainte, se construire un personnage permet de choisir la vie que l’on veut, car l’imaginaire prône dans cette démarche. Il y a chez les cosplayeurs Japonais un besoin de régresser, comme si le fait de rester enfant protégeait d’une réalité certaine et difficile. Parlons également de la mode J-musique (J pour japan) ou les chanteurs ont des styles vestimentaires peu communs. Cela peut aller du look kawai (mignon en japonais) ou les couleur flashys sont de rigueur à l’extrême le look gothic lolita (style inspiré du XIX eme siecle noir).

Cette vague de fond incite des jeunes filles à collectionner des poupées de grande valeur.
Nous allons parler plutôt des « pullips » qui sont plus vendues dessinées par Cheonsang Cheonha artiste coréen.
Le public est essentiellement féminin et les collectionneuses peuvent en posséder plus de 20.
Pour les collectionneuses les dolls en général (poupée de collection, pullip et BJD confondue) représente un univers. Elles sont une extension d’elles même, elles créent des personnages à l’effigie des mangas ou de leur imagination.

On voit bien qu’à travers cette création de personnage, ce besoin de composer sa propre réalité, c’est une fuite, une manière bien spécifique de s’évader.
Cet apparat devient une armure, un moyen d’être qui l’on veut, d’incarner à notre guise le personnage qui nous convient, tantôt romantique, tantôt gothique.
Cela va avec toute la culture japonaise qui met en avant une certaine retenue dans l’approche des sentiments, des relations humaines, le fait alors d’appartenir à une communauté avec les mêmes objectifs devient quelque chose de rassurant.

Car quoi de plus déroutant que l’adolescence et le passage à l’âge adulte ?

Par le biais des poupées, du cosplay, des keitai shôsetsu, c’est toute une génération qui peut se reconnaître et s’entraider.

Ce qui apparaît tout à fait différemment en France, car le cosplay reste un loisirs, une passion, elle n’est pas un mode de vie. On ne vit pas à travers un personnage et je dois avouer qu’après toutes ces recherches, je suis assez déroutée par tout le côté schizophrénique de ce mode de vie japonais.

 

This entry was posted in Rapport 4 28/11/2013. Bookmark the permalink.