Twitter et la nanolittérature

Le support numérique nait en juillet 1971 grâce au Projet de Gutenberg établi par un américain du nom de Michael Hart, prenant ainsi l’initiative de créer des versions électroniques  d’œuvres littéraires et de les diffuser dans le monde entier. On compte à ce jour plus de 40 000 œuvres littéraires numérisées. Ces supports multimédias changent totalement d’ergonomie, l’aspect matériel du livre est mis de côté, le texte apparait sur l’écran.

Nous voyons aujourd’hui qu’une nouvelle forme de littérature fait son apparition, sous le nom de nanolittérature. Comme son nom l’indique, il va s’agir d’une histoire très courte qui se joue sur l’instantanéité, un genre que l’on peut retrouver sur des sites comme Twitter.

Twitter possède la particularité d’être limité à 140 caractères. Autrement dit, une longue description serait trop fastidieuse sur ce type de support et aurait peu d’intérêt pour les lecteurs. La création littéraire sur Twitter est donc plus complexe à établir qu’un récit rédigé sur papier, mais elle est concevable si on synthétise nos messages. Simplicité et brièveté sont les mots-clés pour diffuser le récit, cependant, l’auteur doit prendre un temps de réflexion pour choisir convenablement ses termes. Contrairement à une histoire sur papier, les chapitres apparaissent progressivement sur Twitter, selon le rythme de l’auteur, et  les twittes peuvent être effacés, mais ceci risque d’aboutir à une incompréhension et une confusion chez le lecteur.

La brièveté de la forme possède un certain charme et apporte un grand succès auprès de notre génération, particulièrement au Japon où des jeunes gens se prêtent au jeu du « roman SMS » connu sous le nom de keitai shosetsu. Cette pratique peut être un simple échange entre amis, mais elle peut également amener à un travail collaboratif réunissant un plus grand nombre d’auteurs.

Le genre de l’écriture collaborative est vu comme un jeu d’improvisation proche du cadavre exquis. L’évolution du récit est totalement imprévisible, car chaque chapitre dépend entièrement du twitte qui a été publié précédemment. Entre les différents chapitres, nous pouvons vite constater que chaque auteur des messages possède un style distinct, aboutissant généralement à un récit original auquel nous nous laissons emporter.

Bien entendu, Twitter n’est pas l’unique support auquel on peut exhiber nos écrits : des blogs personnels ou encore des forums qui sont prévus à cet effet. Ces nouveaux supports nous ont aussi démontré que le lecteur peut intervenir sur le contenu, par ailleurs, les commentaires sont susceptibles d’influencer le choix de l’auteur sur la suite de son histoire; on devient alors auteur et éditeur sur internet.

Ces nouveaux genres trouvent leur place à côté de la littérature classique, toutefois ils se diffèrent en de nombreux points et par conséquent, il serait inimaginable de les comparer.

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