(cinq histoires) Le conservatoire de danse.

2014-02-22 21.25.25

 

La salle de danse que l’on attribuait au conservatoire était d’une taille convenable. La salle avait de gros problèmes de climatisation. On y avait souvent trop chaud et quand on ne bougeait plus, on y avait trop froid.

Les costumes et les tutus étaient rangés dans une minuscule salle attenante à la salle de répétitions. La salle débordait de tutus romantiques, de costumes pour enfants, de tutus simples sur lesquels la mère de certaines danseuses brodaient des dentelles et des s’occupaient des retouches. L’une d’elles s’occupait des retouches. Nous ne mettions les costumes qu’aux répétitions générales.

Lors des répétitions, on me disait de sourire. Pour sourire je pensais à un de mes amoureux grâce auquel j’ai pu me mettre à danser. Je pensais à ses mains. Je pensais à ses yeux… Et je pouvais sourire.

Avant les représentations, on se fardait comme des prostituées de la rue St denis pour que notre visage ne “s’efface” pas derrière la beauté de nos tutus. Chacune aidait l’autre à faire son chignon quand le seul garçon des cours de danse du conservatoire était prêt en cinq secondes. Lors de la dernière représentation où je dansais une pavane de Gabriel Fauré, nous dûmes mettre des petites fleurs blanches dans nos cheveux pour les assortir à nos tutus romantiques. Aujourd’hui cette fleur est toute desséchée, gardée dans un livre clos à la couverture brunie par le temps.

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