Le journal intime

Nous connaissons tous, de près ou de loin, le concept du journal intime : prendre des notes de notre vie quotidienne ou de notre vie antérieure et nous confier à travers ces notes. Or, si on compare le support papier et la publication sur Internet, nous constatons que nous nous livrons à deux expériences complètement différentes.

Quand on griffonne sur papier, on étale facilement toutes nos pensées, car on sait que notre journal est notre unique témoin et qu’il ne nous porte aucun jugement. Que ce soit des confidences anodines ou secrètes, on ne cherche pas à maquiller la vérité, tout ce qui compte c’est de se lâcher au moment où l’on remplit la page de notre journal, de parler, d’immortaliser nos souvenirs, de confier nos peines, etc…

En revanche, si ce journal doit être publié sur Internet, l’auteur devra prendre conscience qu’il se livre à cœur ouvert auprès de parfaits inconnus. En effet, n’importe qui peut avoir accès sur l’interface d’Internet et portera inévitablement un jugement sur notre personne. Par ailleurs, c’est à cause de cette prise de conscience qui nous fait hésiter à partager nos états d’âme. Même si on est derrière un écran et un nom de plume, on sait pertinemment qu’on ne doit pas choisir à la légère nos mots et expressions. On doit réfléchir à deux fois avant de nous lancer surtout si l’on doit aborder des sujets sensibles.

Devant autant de contraintes, sommes-nous tout à fait honnêtes envers nos lecteurs ? Les avis se partagent. D’une part, nous avons des auteurs qui auront tendance à enjoliver leurs récits, masquant des réalités top gênantes pour être exprimées. D’autres auteurs trouvent, au contraire, le courage de partager des expériences qui sont difficiles à confier. Concernant ce dernier point, je me souviens d’avoir lu le témoignage d’une jeune femme assez choquant, mais poignant, qu’elle a publié sur un blog,son récit me laisse encore sans voix. Certains m’ont donné cette même impression en s’exprimant sous différents médias comme la vidéo ou la musique.

À ce sujet, des artistes contemporains comme Sandra Semchuk, ont fait preuve d’originalité sur la forme du journal intime. Le projet de Semchuk consistait à prendre une photo d’elle régulièrement sans recourir à la moindre tricherie. Après 23 ans de travail, elle aboutit à une série de 77 autoportraits, chaque photo est différente et nous montre des changements flagrants chez l’artiste, suite à des événements personnels importants, qui sont notamment marqués à travers son expression. Cet aspect du journal intime est intéressant à aborder, mais peut présenter une difficulté sur l’interprétation.

En publiant notre récit personnel sur Internet, nous nous improvisons en tant qu’écrivains amateurs. C’est communément sur des blogs que nous partageons nos écrits personnels ou fictions avec nos lecteurs qui peuvent également s’exprimer en laissant des commentaires derrière eux. Internet nous ouvre une brèche pour nous exprimer librement, toutefois, nous devons tenir rigueur à certaines règles (éviter les insultes, respecter les utilisateurs, etc…) pour ne pas gâcher cette liberté d’expression et en profiter pleinement.

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