Citron

Une masse indéfinissable et de mauvais augure me comprimait sans cesse le coeur, qu’est ce que j’fous ici, enfermé dans ce placard ? Peut-être que j’devrais sortir et lui foncer dessus.. Après tout, il est surement trop costaud pour moi, tu m’étonnes, un bûcheron, ses copains l’appellent le Six-Troncs, flippant, et puis même dans une situation aussi périlleuse j’arrive a rire de ces jeux de mots ridicules.. Allez, il faut que je sorte..
AAAAAAh ! Il me suit, je saute par la fenetre, je n’ai plus le choix, il va falloir courir plus vite que ce foutu bucheron, franchement, enfermer un gars sans défense, juste parce qu’il a essayé de voler sa voiture, c’est excessif, qui plus est, un touriste, je n’y connais rien aux coutumes des japonais moi, je savais même pas qu’il y avait des bûcherons nippons.. De toute façon l’objectif est simple maintenant, courir le plus vite possible a travers l’épaisse forêt qui recouvre ce coin paumé. Par ailleurs s’il était un aussi bon bûcheron qu’il le prétend, la forêt serait pas si épaisse.
Six-Troncs a du souffle en tout cas, même si je prends quelques mètres sur lui. Enfin je peux me permettre de reprendre mon souffle .. ! Au final, me revoilà comprimé sous une vieille souche, un peu comme dans le placard, et s’il m’avait vu me cacher.. ? Et qu’il était là ?Malheureusement ce fut un bon pressentiment, une main forte me saisit le poignet avec vigueur et c’était encore lui, il ne voulait pas me laisser partir comme ça, et ses projets a court terme n’était pas en ma faveur. Et puis j’avais des raisons de lui piquer son camion, après tout, il avait pris le dernier paquet de Mikado a la supérette, quelle cruauté..
Je l’avais suivi jusque chez lui, et avec une grosse pierre, j’avais réussi a briser la vitre passager, mais une fois au volant…. Bah il était là.. Sa hache à la main, et son visage n’augurait rien de bon. Effectivement, deux minutes après j’étais dans le placard, enfermé dans le noir.. Impuissant. Que faire face à une brute pareille, à part lui péter la gueule assez vite pour qu’il n’ait pas le temps de répliquer..? Et encore.. C’était prendre trop de risq.. Je n’avais pas le temps de finir ma phrase que mon poing filait en direction de son menton, bim ! Une pluie de coups s’abattaient sur lui chaque fois qu’il se redressait un nouveau coup venait le faire flancher. Je ne maitrisais plus mon corps, comme si ma peur s’etait emparée de mes poings pour le frapper.. Un coup pour chaque minute passée dans ce fichu placard.. Mon espoir de m’enfuir grandissait après chaque coup reçu par ce foutu bucheron.. Allais-je m’en sortir .. ? Surement. Il était là, au sol, recouvert de blessures du plus bel effet et que n’aurait pas renié Chuck Norris. Mais là ce n’était pas du ketchup, j’avais vraiment frappé ce gars ? J’etais comme un homme qui découvre ce qu’il avait fait la veille pendant qu’il était ivre.. Je repris mes esprits.. Où suis-je ? Maman? Le docteur doit m’attendre, et puis j’étais censé être parti prendre l’air.. Moi fou ? Vous plaisantez ? Voyez comme mes journées sont banales.. !
Je pris mon chapeau coincé sous le pied du bûcheron, et repartit pour Niseko où mon hopital psychiatrique se situait, je descendis vers Kyogoku ou les affiches du cinématographe coloriaient les rues d’un charme étrange.

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