Rapport n°2

Le phénomène du  « Selfie »

Le mot « selfie » a officiellement fait son entrée dans le vocabulaire anglophone en décrochant sa définition dans le dictionnaire Oxford en ligne, qui l’a même élu mot de l’année en 2013. Selon Oxford, il s’agit donc d’une photo prise soi-même, généralement au moyen d’un smartphone ou d’une webcam et chargée sur un média social.

Dans sa présentation du mot, Oxford nous apprend que sa plus ancienne utilisation détectée remonte à 2002 par un australien. Cependant, si le mot n’entre que maintenant dans le dictionnaire c’est parce que les outils ont constaté une hausse significative de l’usage du mot depuis juin 2013, même si l’utilisation en est devenue courante depuis 2012.

L’expression entière est « self-portrait ». Au fur et à mesure que l’acte a été de plus en plus commun et fréquent, le mot a été raccourci, comme c’est souvent le cas (la télé en est un autre exemple), mais le contexte des médias sociaux – leur limite de caractère et leur aspect instantané, à ajouter au concept même du partage qui permet la viralité – a sans aucun doute favorisé l’accélération brutale du phénomène linguistique. D’après Oxford Dictionaries, le suffixe « –ie » essaie probablement de rendre l’acte, plutôt narcissique, un peu plus attachant.

Pourtant cet truc n’est pas nouvelle. Des artistes comme Dürer, Van Gogh, Courbet et même Frida Kahlo s’y étaient essayés bien avant notre jour. À l’époque, il s’agissait pour les artistes de se faire reconnaître, il y avait une démarche artistique et pratique puisque la photo n’existait pas ou n’était pas très accessible. Après être arrivé  un moment de la révolution numérique,  on pourrais imaginer pas de limite à notre créativité et la possibilité de retoucher et effacer nos photos.

Le phénomène des selfies aussi signe pour certains le culte du moi, pour d’autres, il est plutôt l’expression de l’instantanéité et du partage. Il peut même aider à renforcer positivement l’image de soi. Le selfie crée une expérience inédite : être vu en train de se voir. L’anonyme devient son propre paparazzo. « Vous pouvez contrôler l’image que vous diffusez, ce qui peut être un sentiment libérateur », explique Pamela Rutledge, psychologue et directrice du Centre de recherche de psychologie média américain.

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