Rapport 2

L’AUTOPORTRAIT

Faire un autoportrait, c’est se représenter soi-même: de face ou de trois-quarts, le corps entier ou fragmenté,avec ou sans mise en scène, seul ou avec d’autres personnages. Bien que l’exercice de l’autoportrait ait été pratiqué depuis les temps les plus reculés, ce n’est qu’à partir du début de la Renaissance, au milieu du XVe siècle, que les artistes peuvent être identifiés eux-mêmes comme représentant, comme le sujet principal ou comme des personnages importants dans leur travail. Avec le perfectionnement des techniques de miroiterie, les miroirs deviennent plus accessibles et l’avènement du portrait en panneau, de nombreux peintres, sculpteurs et graveurs s’essayent à l’autoportrait.Le portrait de L’Homme au turban rouge de Jan van Eyck réalisé en 1433 pourrait bien être le plus ancien autoportrait.

Aux origines de la peinture: Dans les Métamorphoses, le poète latin Ovide raconte l’histoire de Narcisse, ce jeune homme fasciné par la contemplation de son reflet dans l’eau. Considérant la peinture comme une imitation du réel, les penseurs de la Renaissance,et en particulier Alberti (dans son livre De Pictura en 1435), affirment que Narcisse est l’inventeur de la peinture en général et trouvent dans l’autoportrait la source même de l’ artpictural. Se représenter était considéré comme un acte d’orgueil qui risquait d’attirer sur soi la foudre des dieux. Dans l’Antiquité, l’artiste au travail se représente sur les peintures égyptiennes ou sur la céramique grecque. Certains se représentent discrètement sur les vases en guise de signature. Le procédé consistant à se peindre parmi les personnages d’un événement, sorte de signature visuelle du tableau, se développe au XIVe siècle avec le développement de la technique de la perspective centrale et la diffusion, à partir de Venise, des miroirs de verre.

   Peintres et sculpteurs sont considérés comme de simples artisans.Mais à la fin du Moyen Âge, leur statut change: ils sont peu à peu considérés comme de véritables créateurs qui ne travaillent pas seulement avec leurs mains mais aussi avec leur tête. Ils commencent à signer leurs œuvres. A la  FIN XIVème siècle on vouais apparition du miroir en verre fabriqué par les Vénitiens vers 1380. Il remplace le miroir de métal poli, plus flouet permet aux artistes de se représenter de façon détaillée. Ces autoportraits se caractérisent souvent parl’inversion du modèle (un artiste droitier devient gaucher!) et les poses de ¾.

    Le renaissance les artistes commencent à se cacher dans leurs compositions. Au XV ème siècle, Jan Van Eyck peint Le portrait des époux  Arnolfini (1434) et se glisse discrètement dans la composition. Au fond de la pièce, il peint un miroir bombé dans lequel on distingue son reflet.

     Les grands peintres italiens de la Renaissance ont réalisé assez peu d’autoportraits. Le premier est sans doute celui du Pérugin vers 1500 (collège du Cambio, à Pérouse). On connaît un dessin de Léonard de Vinci (1512). Quant à Michel-Ange, il a donné son visage à la dépouille de saint Barthélemy dans le Jugement dernier de la chapelle Sixtine (1536-1541) . Au XVIIe siècle, Flamands et Hollandais font de l’autoportrait un véritable exercice d’introspection. Mais le plus marquant des autoportraitistes est sans conteste Rembrandt, qui a consacré près d’une centaine d’œuvres, gravures ou toiles, à l’image de soi. L’autoportrait apparaît chez lui comme une forme de journal intime, fondant pour la peinture ce que Philippe Lejeune a nommé « le pacte autobiographique ». En Espagne, on connaît plusieurs autoportraits de Murillo ou de Vélasquez, dont la frappante représentation au travail des Ménines (vers 1656, musée du Prado). Dans la France du XVIIe siècle, on pense surtout aux deux grands autoportraits de Poussin (1649 et 1650, respectivement à Berlin et au Louvre) et d’autres artistes comme Simon Vouet ou Jacques Stella (ces deux œuvres au musée des beaux-arts de Lyon ont également laissé des images d’eux-mêmes, d’un réalisme intense). Par la suite, on peut dire que presque chaque grand peintre nous a laissé au moins un autoportrait, mais le genre a été particulièrement prisé par les expressionnistes du début du XXe siècle, en partie sous l’influence des autoportraits de van Gogh, en partie conformément à l’esthétique de ce mouvement, fondée sur l’exploration méthodique du Moi. Autre figure importante dans l’histoire de l’autoportrait en peinture : Felix Nussbaum (1904-1944). Pour le peintre juif allemand du début du siècle, qui a vécu l’enfer du nazisme et des persécutions contre les juifs, l’autoportrait constitue un moyen privilégié pour enregistrer les effets de son expérience : au fil des autoportraits, de beau jeune homme qu’il était, son visage se creuse, se marque par la souffrance, jusqu’à devenir la face émaciée où brille un regard dur des dernières années. Néanmoins, des peintres majeurs comme Picasso ou Francis Bacon ont à leur tour considérablement renouvelé le genre.En sculpture, l’autoportrait est marqué à la Renaissance par celui de Lorenzo Ghiberti avec son buste à la porte du paradis au baptistère de Florence.

Techniques de représentation: L’autoportrait suppose en principe l’utilisation d’un miroir, instrument qui se développe à partir du XVe siècle. Mais les premiers miroirs utilisés étaient convexes, entraînant des déformations que l’artiste s’est parfois plu à conserver, à l’image d’un amusant tableau réalisé par Parmigianino en 1524 (Autoportrait au miroir). Le miroir permet des compositions surprenantes comme celle du Triple autoportrait de Johannes Gumpp (1646), ou plus près de nous celle de Salvador Dalí peignant Gala (1970-72). À noter que l’une des plus belles collections d’autoportraits se trouve près du musée des Offices à Florence, précisément dans le Corridor de Va sari : elle a été rassemblée par le cardinal Léopold de Médicis dans la deuxième partie du XVIIe siècle

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