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      Morimura Yasumasa est un artiste japonais, reconnu pour revêtir l’image de l’autre. C’est en 1980, qu’apparaîtra une série d’image reprenant les œuvres de grands maîtres tel que Léonard de Vinci, Velázquez, Manet . Il va recréer puis s’infiltrer dans ces univers pensés par les artistes. Pour cela il se concentre sur les costumes, le maquillage…
Par la suite intervient une manipulation numérique, de montage. Il interroge alors les frontières de l’imagination, celui de l’irréel et du réel. Morimura s’infiltre dans un autre monde, sur lequel le spectateur va s’interroger : ce monde est-il accessible à tous ? 

Il remet pour ainsi dire les frontières existantes entre l’œuvre et le spectateur. Il rajoute une réflexion supplémentaire sur la signification de ces peintures. Dans le reste de sa carrière il va s’attaquer à l’image de célébrités comme Dali, Einstein et plus particulièrement à l’image de la femme. Il va se grimer en Marilyn Monroe, Audrey Hepburn…

A travers sont travail Morimura remet en cause les normes de beauté actuelles, il reconstruit la beauté féminine conçue par la société d’aujourd’hui, « l’images de femmes “parfaites” une image de beauté à laquelle tout le monde veut se conformer ». Dans ces œuvres Morimura démontre que ces normes n’ont aucun fondement, n’importe qui peut y répondre. Yasumasa Morimura reprend l’image mais aussi l’attitude de ces stars. Il n’hésite pas à surjouer sur le glamour et la sensualité.
Morimura traite ouvertement les questions de l’image, de l’identité et du désir.
Il nous invite dans un univers où les frontières du réel et ou l’existence de l’autre sont des choses abstraites. 

Olympia de Manet 10_morimura_twins

GAUCHE : Edouard Manet, Olympia, 1863, huile sur toile, 1,305 X 1,95 cm, Musée D’Orsay, Paris, France.

DROITE : Yasumasa Morimura, Futago, 1988,développement chromogène avec de la peinture acrylique et médium gel, 210,19 X 299,72 cm .

      Dans cette photographie Morimura s’immisce dans l’univers de Manet. Il reprend la même pause que le personnage au centre du tableau de même que la servante noire se situant au second plan ou le chat à droite du lit. Il choisit les mêmes tons de couleur que l’artiste comme le bleu de l’arrière plan ou le rose de la robe de la servante. Morimura s’invite dans cette peinture, adopte le même regard « droit et franc » que la femme dans Olympia. Il élève cette peinture à une forme encore plus réel que le voulait Manet, en passant par la photographie. Il accentue aussi le message délivré par Manet.

 monroe2  yasumasa-morimura-self-portrait-after-marilyn-monroe-1996

GAUCHE : MARILYN MONROE, photo de studio prise au cours du tournage du film Niagara, de Henry Hathaway, 1952.

DROITE  : Yasumasa Morimura, après Marilyn Monroe ,1996 tirages argentiques 44 x 34,5 cm.

       Dans cette photographie, l’artiste yasumasa morimura, se grime en Marilyn Monroe (il s’inspire de la photographie du film niagara) ; il copie chaque détaille : même coiffure, même tenue, même position. L’artiste reprend les différentes parties de la star allant du grain de beauté au coin de la bouche, jusqu’à la forme des sourcils. Il fait alors passer l’actrice hollywoodienne pour un costume, elle ne serait plus un être vivant, mais un objet dans tous ces aspects. Il n’hésite pas à jouer du même charme que l’actrice par son regard, la position de ses lèvres. A travers cette photographie Morimura remet en cause l’idée même du portrait et de la photographie ; qui sont des moyens de faire l’exposition de soi. 

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