Rapport n°3 – Du journal intime à l’exposition de soi

Avec l’arrivée d’internet, le journal intime s’est transformé. Normalement, l’auteur d’un journal intime écrit au quotidien ses pensées et ses sentiments. Il raconte avec précision sa journée au cahier dans lequel il écrit. C’est un moyen de se confier, mais aussi de garder une trace de notre existence, c’est une manière de garder les souvenirs écrits. Mais alors qu’internet et l’informatique est plus ou moins à la portée de tout le monde, le journal intime prend une nouvelle forme. On n’écrit plus dans un cahier secret, mais au contraire, on a plutôt tendance à exposer sa vie, à raconter tout ce que l’on fait en détail pour que tout le monde le sache.

Ainsi l’on retrouve sur Twitter ou Facebook des millions de personnes qui tout les jours, voire toutes les 5 minutes, racontent leur vie, plus ou moins intéressantes, dans le but de faire connaitre au monde entier, ou au moins à ses amis, ce que l’on fait. Le journal intime fait donc place à une affiche publique. Bien sûr, selon son âge, chaque personne en dit plus ou moins sur lui, décrit ce qu’il ressent ou non. Les collégiens sont les premiers auteurs de tweets et posts racontant tout – et n’importe quoi – en ligne. Au lieu de vouloir garder nos pensées le plus secret au monde, on choisit de les partager, en attendant une réponse ou une réaction.

Enfin, avec les moyens de communications instantanés, comme Skype (ou MSN jusqu’en 2013, RiP), il est possible de retracer des souvenirs, des histoires, en remontant l’historique des conversations entre 2 personnes. Ainsi en discutant tous les jours avec une personne proche, on remarque que l’on partage nos souvenirs et que l’on raconte notre histoire. C’est en quelque sort un nouveau type de journal épistolaire. On raconte nos récits, on les expose, mais ils ne dépassent le cadre de la discussion.

En conclusion, on remarque que le journal intime tend à disparaitre au profit du partage et de l’exposition du récit de notre vie. La sphère privée s’étend à tout l’internet et devient banale, à tel point que l’on pourrait plutôt parler de journal public.

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