Autofiction

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Cachée sous son parapluie, elle ne remarquait pas les gens qui passaient. Elle n’entendait pas la pluie tomber. Elle réfléchissait. Seuls assise sur le bord du trottoir, elle semblait se replier sur elle-même. Pourtant, elle ne se sentait pas… triste? Pas plus heureuse non plus. Elle essayait simplement de réfléchir. Comment en était-elle arrivée là?

Elle se sentait perdue, au milieu de la foule, dans cette immense rue, de cette si grande ville. Pourtant, tout lui paraissait simple, il n’y a pas si longtemps encore… Elle se souvenait, presque dans les moindres détails, de cette maison dans laquelle elle grandissait. Elle lui paraissait si grande, à la fois accueillante et protectrice, c’était comme si rien ne pouvait arriver. Et il y avait son papa et sa maman, qui étaient toujours là, toujours de bon conseil et qui avaient toujours raison. Tous les repères dont une petite fille avait besoin.
Pourtant, parfois, papa semblait inquiet. Comme si quelque chose les observait. Elle ne comprenait pas tout, mais elle n’avait pas peur.
Il disait qu’il y avait des caméras dans la maison, et des gens qui surveillaient dehors. Comme des espions, des ennemis; elle ne comprenait toujours pas vraiment. Il pensait même prendre un chien de garde. Elle ne voyait pas le mal, elle aimait bien les animaux.

Un jour, il a même dit que maman était une espionne, qui travaillait pour “eux”. Mais elle ne comprenait pas pourquoi maman serait une ennemie de papa… Parfois, il s’énervait après elle. C’est là qu’elle commença à avoir un peu peur.

Elle s’était levée, un matin comme les autres. Pourtant, ce matin-là, papa l’avait regardé différemment. Comme une “ennemie”, elle aussi. Pourtant, elle n’avait rien fait… Cette fois-ci, elle eut vraiment peur.

Elle se leva du trottoir pour se remettre en marche. Il fallait aller quelque part. Trouver un endroit où aller. Elle regarda autour d’elle, un peu perdue, avant de se diriger vers la gare la plus proche.
Maintenant qu’elle était partie, il fallait qu’elle se débrouille. Sans repères. Comme en fuite. Elle regarda derrière elle, un peu inquiète. Une ombre passa, et la fit sursauter. Mais ce n’était rien, finalement. Elle avait toujours peur… Peur de le croiser. Il était devenu son ennemi.
Elle en devenait presque parano. Sans pouvoir s’empêcher de regarder toujours derrière elle… Paranoïaque, comme lui. Elle y repensait encore. Elle ne s’était rendue compte de rien… Pourtant tout était déjà fini depuis longtemps. Sa belle vie de famille, s’était déjà terminée, avant même son départ. Et maintenant qu’elle était toute seule… Il fallait qu’elle retrouve le courage d’avancer.
Elle fit un pas en avant, franchissant la marge du train qui l’emmènera, quelque part, un peu plus loin, là où elle n’aura plus peur.

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