Du jugement

Évaluer un être humain comme on évalue un bien ou un service est-ce une spécificité de notre époque ou simplement une continuation de notre société rendu plus facile avec l’évolution technologique ?

« Peeple » est une application mobile disponible aux États-Unis vendue comme un « yelp for people » permettant d’évaluer des personnes dans les domaines  professionnel, personnel et romantique en émettant un avis positif, négatif ou neutre. A l’origine l’application reposait sur un système de notes attribuées à des proches ou des inconnus, les critiques négatives étaient cachées. Mais il existe désormais une version payante qui divulgue tout sur tout le monde. Aujourd’hui, à une époque ou tout ce que nous faisons ou pensons peut être numérisé, nos relations avec les autres changent et suivent cette tendance en s’appuyant sur des réseaux tels que Facebook, Instagram, Snapchat ou même Uber qui propose une fonction d’évaluation d’un service rendu à travers une application. Ainsi, une course en voiture de 3min peut être évaluée et critiquée sur une plate-forme mobile. Mais cette pratique est-elle si nouvelle que ça ? Avons-nous toujours eu besoin d’être évalués ?

Ce système de notation a toujours existé pour situer un individu dans une société mais comment définir la valeur d’une personne par rapport à une autre ? Déjà, dans la Grèce et la Rome antique s’opérait une hiérarchisation des individus en fonction de leurs capacités rhétoriques. Peut-on considérer que nos pratiques modernes de notation ne sont qu’une version améliorée et informatisée d’une pratique qui a toujours existé ? Comment cette notation se manifeste-t-elle ?

Cette obsession de la quantification de valeur de chacun s’exprime très abondamment sur les réseaux sociaux. En effet, il n’y a pas d’intimité sur Internet pour qui veut poster ses photos, pensées et opinions au monde entier.

« Liker » quelqu’un ou quelque chose est une forme moderne d’expression. Une personne qui comptabilise un grand nombre de likes est approuvée par un grand nombre de personnes et dispose donc forcément d’une meilleure valeur sur sa vie. C’est un effet de masse évident et mathématique.

+ de likes = individu qui multiplie sa valeur personnelle.

Ce jeu du « Qui aura le plus de likes? » (Qui sera la meilleure personne ?) est un concours sans fin qui permet de mettre un prix, une valeur exprimée (en nombre de likes, de followers, d’étoiles, de cœurs ou peu importe) sur une vie. Ce système ne fonctionnerait pas sans le consentement général de la société qui y trouve son compte car cela permet d’éviter de faire un effort de jugement supplémentaire. Si ce chauffeur Uber ou ce restaurant est très bien noté, c’est que beaucoup de gens lui ont accordé une valeur positive, je peux donc leur faire confiance et je ne risque pas d’être déçu puisqu’il a 5 étoiles. Logique. On retrouve également ce système de jugement sur youtube par exemple, une vidéo très vue et likée est forcément de qualité car notre esprit fait confiance à un nombre élevé d’appréciation. Mais définir la valeur de quelqu’un ou quelque chose selon un jugement collectif arbitraire et subjectif n’est pas seulement une question de quantité.

Les réseaux mobiles amènent avec eux une quantité assez astronomique de fausseté et de superficialité mais encore une fois : c’était déjà le cas avant l’arrivée des portables. Cette obsession de l’approbation par les autres de notre valeur se trouve partout sur Internet, une quête de validation permanente qui pousse les individus à exposer une partie géniale, fun, belle et incroyable de leur vie qui ne reflètent évidemment en rien la réalité et la totalité de notre existence.

Ce consensus général de ce que doit être une vie palpitante et agressivement joyeuse a évidemment des conséquences à tous les niveaux. Les employeurs ont de plus en plus recours à la magie des réseaux sociaux pour juger une personne selon ses aptitudes sociales, en fonction de comment elle apparaît sur lesdits réseaux. Et si elle n’y apparaît pas, cette personne est tout de suite étrange et suspecte. Elle n’existe tout simplement pas car elle ne reçoit pas d’attention en ligne de la part d’autres personnes. Certains existent plus que d’autres dans le monde virtuel mais tant que ce monde reste virtuel il n’y a pas de quoi s’inquiéter 🙂

La réalité est affectée par ces notations permanentes et le sera certainement davantage dans le futur. En Chine, le gouvernement projette de collecter les données personnelles ou publiques de la population comme leurs habitudes de consommation, leurs attitudes familiales ou leurs capacités professionnelles afin d’évaluer leurs vies et leur attribuer une note de confiance qui leur donnera accès ou non à certains services. La vie sera plus faciles pour les 5/5 évidemment. Et pour le reste, les 3/5 ou moins ? Un accès restreint au marché du travail, aux transports ou à la santé. Ce n’est qu’un projet d’avenir bien sûr, ça n’arrivera jamais en vrai c’est certain 🙂 🙂 🙂

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Devenir d’une âme en peine

Ce récit épistolaire narre le quotidien d’un jeune garçon en peine, qui petit à petit parviendra à évoluer et à surmonter les difficultés qui lui font face. Ce récit est issu d’une fanfiction que j’ai écrite il y a deux ans de cela, Miracles in December. Les faits mentionnés proviennent de cette histoire, la réinterprétant ainsi d’une manière différente, au travers de lettres.

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Le 18 Décembre 2016,

Cher Kyungsoo,

Cela fait longtemps, n’est-ce pas ? Un an est passé. Un an que tu es plus à mes côtés… Un an que… je souffre tellement de ton absence… J’ai l’impression que mon cœur se brise un peu plus chaque jour. Je sais que je ne devrais pas te montrer à quel point je suis faible… Je me suis toujours montré fort et positif à tes côtés… Je te l’avais même dit. Alors pourquoi je te parais si pitoyable cette fois-ci, tu me demanderais. Je… Je n’en peux plus. Je ne supporte plus ton absence. Je veux tellement te retrouver, m’enivrer de toi, de profiter de tout ce que tu as à m’offrir. Mais tu n’es plus là, tu n’es plus à mes côtés. C’est horrible. Pourquoi j’écris cette lettre même ? Incertain que tu la lises, j’ai l’impression de parler dans le vent comme un fou. Est-ce que je finirai à l’asile, même ?

Je suis désolé… Terriblement désolé de parler de cette façon. D’avoir cette écriture si tremblante et médiocre.

Tu sais, je vois une psychologue. Une preuve de plus pour montrer que je deviens fou. Mais elle m’aide comme elle peut. A tourner la page, à avancer sans penser au passé uniquement centré sur toi. Chaque endroit me rappelle toi. Chaque pensée sont rivées sur toi. Chaque jour est centré sur toi. A vrai dire, si j’écris cette lettre, c’est sous le conseil de la psy. Elle pense que ça m’aidera. Elle m’a dit qu’à chaque fois que je pense à toi, que je pleure ton absence, j’écris. Mais c’est ironique, parce qu’il n’y a pas un jour où je ne pense pas à toi. J’étais si confiant de tourner la page, de paraître heureux comme je l’ai toujours fait, de sourire. Mais cette fois-ci, c’est impossible. J’étais loin de me douter que cette douleur serait encore pire que celle que j’ai ressenti le jour de ton départ. Et aujourd’hui est un jour qui me paraît encore plus sombre que cette nuit terrifiante, loin de toi, presque seul au monde. J’ai l’impression d’être une personne horrible… A me lamenter… A être terrifié… A être si différent…. S’il te plaît… Reviens… J’aimerai tellement… Si je pouvais, je supplierai le monde, le seigneur… Je… Je n’arrive même plus à dire ces mots que je te disais si souvent…. Ainsi que ton prénom qui me semble aussi tranchant que des lames de rasoir au fond de ma gorge… C’est si dur, si tu savais…

 

Le 25 Décembre 2016,

Cher Kyungsoo,

C’est encore moi… Je… Je ressens le besoin de continuer. De t’écrire. En ce jour si important et signifiant à nos yeux. Plus qu’un jour de Noël, c’était une priorité. Une priorité pour te faire apprécier ce jour que tu n’aimais pas, pour te faire sourire, pour te faire rire, pour me rapprocher de toi… T’avais-je déjà dit à quel point je souhaitais être ton ami ? Et sais-tu que dès la première fois où je t’ai vu, j’étais sous le charme ? Tu me paraissais si lointain… A l’infirmerie de l’école, je t’avais vu allongé. Lorsque j’ai vu ton visage, qui malgré la non expression qu’il affichait, je ressentais cette curiosité. Toi aussi tu as été sous mon charme dès le premier instant ? Tu étais le premier élève que j’ai vu dans cette école qui était si nouvelle et inconnue pour moi. J’étais si excité à l’idée de me faire des amis. Alors je t’avais souri dès que ton visage est apparu. Ça m’a tellement amusé quand tu t’étais retourné brusquement dos à moi, te cachant pratiquement sous la couverture. Te revoir deux mois plus tard, seul, dans ce bus était comme un signe du destin. J’étais persuadé que je devais me rapprocher de toi. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais c’était si clair dans mon esprit… Mais dis-moi, pourquoi est-ce que je me rappelle de tout ça ? Pourquoi est-ce que je me fais autant de mal…. ? Pourquoi est-ce que je ne cesse de reculer, pensant uniquement au passé ? Comment fais-tu… Comment as-tu fait pour tenir aussi longtemps seul ? La vie te paraissait si monotone, si sombre que je la vois ? Je ne sais pas si je peux me permettre de dire ça, mais je pense mieux te comprendre maintenant. Je ne cesse de me demander si ce que je vois et ressens, était semblable à ce que tu voyais. Je me hais. Je me trouve horrible et égoïste. Tu m’avais demandé d’avancer, de ne pas regarder en arrière, mais pourquoi… est-ce que je n’y arrive pas ? Je ne fais que penser à toi. Je… J’ai même des pensées que je ne devrais pas avoir. Jamais. Je devrais m’arrêter là. De peur de dire des choses horribles.

…En fait, non. J’ai besoin de continuer. Quelques heures sont passées. Je suis sortie avec des amis, mais je les ai quitté soudainement. Vois-tu, c’est tout le temps pareil. Ils comprennent, ne me laissent pas tomber. Mais je sais que la vie continue à avancer pour eux. Ils ont des projets, des ambitions, un avenir, des liens amicaux. Ou plus. Tout ce que je n’ai pas. Le temps s’est arrêté à l’instant où tu as quitté ma vie. Je t’ai compris, puis je t’en ai voulu, puis je t’ai à nouveau compris. J’étais reconnaissant que tu m’aie laissé cette lettre. Beaucoup de choses se sont éclaircies, je t’ai mieux compris, ainsi que ta décision. Et surtout… Ça m’a empêché de faire la pire connerie que j’aurai pu commettre. Cette fois-ci, ainsi que les autres qui ont suivi. Elle m’aide beaucoup plus que tu ne l’aurais cru. Je la lis tous les jours, elle m’accompagne dans ma douleur et solitude. Elle me fais sentir moins seul. Tu ne dois plus me reconnaître n’est-ce pas ? Je ne me reconnais plus, pour être honnête. La personne si joyeuse, optimiste, énergique et sociale que je suis s’est éteinte. Je ne suis plus que l’ombre de moi-même.

 

Le 1er janvier 2017,

Cher Kyungsoo,

J’ai arrêté de t’écrire si soudainement. J’ai pris peur en réalité. J’ai regretté beaucoup de choses que j’ai écrite. Mes… Mes paroles ne s’arrêtent plus, une fois commencées. J’ai dû mal à garder mes sentiments pour moi-même, comme j’avais l’habitude de tant faire. La psy pense que c’est une bonne chose. Moi, je trouve que c’est une mauvaise.

Enfin bon. Bonne année ! J’aurai tant aimé fêter la précédente ainsi que celle de cette année à tes côtés. Mais disons, que nous sommes ensemble grâce à cette lettre, d’accord ?

J’ai envie de me remémorer des souvenirs. Mais il y en a beaucoup… des souvenirs. Des souvenirs joyeux. Te rappelles-tu ce jour où tu avais accepté de manger à la cantine du lycée ? J’étais si heureux quand tu me l’avais dis ! Mes efforts de te faire manger avaient finis par payer. Je me sentais si victorieux. D’ailleurs, malgré tout, en pensant à quel point je me battais pour te faire manger, je fais toujours bien attention à mon alimentation.

Ce jour-là tu étais venu chez moi, et tu as vu ma sœur. Elle n’a pas changé. Toujours aussi têtue et mal élevée avec son frère. Elle a deux ans de moins que moi et pourtant, c’est elle qui ne cesse de me crier dessus. « Souris », « Sors », « Bouge tes fesses ». Tu ne vas pas en croire tes yeux. On s’est rapproché grâce à toi. Après ton départ, elle a été triste aussi. Elle s’est montrée très mature face à moi. Je pleurais comme un enfant, ta lettre à la main. Et elle me réconfortait. Elle ne me berçait pas d’illusion avec des mensonges, elle se contentait de me soutenir comme elle le pouvait. Et elle n’a cessé de dire qu’elle était toujours à mes côtés, qu’elle prendrait soin de moi. Je l’aime beaucoup. Je lui en suis tellement reconnaissant. Tu dois te demander si elle sait tout ce que je te dis là. Eh bien… Non, je devrais lui dire. Est-ce que tu fêtes le nouvel an, toi ? Est-il plein d’artifice ? Les artifices… Je projetais de les voir avec toi, l’année dernière. C’est quelque chose de fou. Je me rends compte que je ne sais même pas si tu en as vu. En as-tu vu ?

 

Le 12 Janvier, 2017

Cher Kyungsoo,

Aujourd’hui est ton anniversaire. Vas-tu le fêter, si ce n’est déjà fait ? Nous ne l’avons encore jamais fêté ensemble. C’est ironique. On s’est connu que durant deux mois, et pourtant… Cette relation me paraît si longue. J’ai l’impression qu’on s’est connu deux ans, ou plus même. On a fait beaucoup de choses, comme peu de choses. Souvent, je me dis qu’on a pas fait assez. C’est trop te demander, n’est-ce pas ? Remettre tout en question alors que c’est impossible… C’est avare. Je deviens mauvais, n’est-ce pas ?

Tu vas me prendre pour un fou encore une fois, mais pour fêter ça, je suis allée à la salle d’arcade où je t’ai emmené. Te rappelles-tu de ce jour rempli de joie ? Ce jour où je me suis ouvert à toi ? Mais surtout… te rappelles-tu de ce post-it ? Tu étais incapable d’écrire quelque chose, j’ai dû le faire à ta place. Je me rappelle t’avoir dit qu’il fallait tout faire avec toi. C’est vrai que je te voyais comme un enfant, souvent. Le pire c’est que j’aimais ça ! Tout ça pour dire, qu’il y est encore. Incroyable, hein ? C’est la première fois que je reviens depuis ce jour. Peu de chose ont changé. Ça été difficile de revoir tout ça. De faire face aux souvenirs. Mais j’étais heureux et soulagé. Les objets restent en place, tout comme mes souvenirs. J’ai si peur de les oublier, si tu savais… Quand je devais partir, j’étais si tenté de prendre le papier avec moi. Je deviens psychotique. Mais je me suis dis qu’il fallait le laisser à sa place. D’ailleurs, en parlant de papier, je te l’ai toujours caché, mais je gardais tout ces papiers où tu écrivais les paroles que tu ne pouvais dire. Si passionné que j’étais, je gardais tout ce que je pouvais comme souvenirs. Pareil pour les messages. Je t’avoue je n’ai rien relu. J’ai tout laissé dans une boîte qui t’est dédiée.

Encore une fois, joyeux anniversaire. Je viendrai te voir.

« Le 04/12/2015, Kim Jong In est aux cotés de Do Kyung Soo… jusqu’à la fin. » – inscription sur le post-it, dans la salle d’arcade.

 

Le 16 Mars 2017,

Cher Kyungsoo,

Je suis un peu irrégulier, je suis désolé. Je suis envahi d’appréhension avant d’écrire chaque lettre. J’ai peur de ce que je vais écrire, de faire face à mes pensées puisqu’elles sont mises sur papier. Après chaque lettre, je réfléchis beaucoup. Je m’isole la journée durant, pour aller au delà des pensées négatives. C’est la psy qui me le conseille encore une fois. Personne est au courant que je vois une psy, ni que je t’écris au travers de ces lettres. Je le fais souvent dans ma chambre, le soir. Cette pièce où les souvenirs ne cessent de me paraître en mémoire. Quand on s’envoyait des messages, quand on s’amusait tous les deux, les jours où tu avais besoin de réconfort, d’amusement… ou même de repos. Il y a toujours une boîte à mouchoir à côté de moi lorsque je t’écris. Pour être honnête, je pleurs comme un enfant à chaque fois. C’est dur. Mais je vais y arriver. J’essaie de reprendre cet optimisme. La psy me donne beaucoup de conseil. Je la vois plus qu’avant aussi. Et… Je prends des anti-dépresseurs. Je suis trop jeune pour ça, je le sais. Mais je n’étais pas loin de lâcher. Tu ne le sais pas, enfin comment peux tu le savoir… Mais après t’avoir écris le jour de ton anniversaire… En me rendant compte que je ne pouvais pas te voir physiquement et mentalement, je… j’ai voulu me couper les veines. Je pensais être seul à la maison, mais ma sœur est arrivé à temps. Peut-être qu’elle a été envoyé par les cieux qui veillent sur moi. Après beaucoup de réflexion avec la psy et mon médecin traitant ont décidé que je prenne des anti-dépresseur. Ça me fait du bien. J’ai l’impression de flotter sur des nuages de bonheur et de marcher sur des arcs en ciel. Depuis, je n’ai pas osé t’écrire.

Je pense que je dois être honnête avec toi. Je ne t’ai pas tout dit. J’ai arrêté la danse, il y a à peu près un an. Impensable, n’est-ce pas ? C’était l’une de mes raisons de vivre. J’aimais tellement ça. C’est toujours le cas mais je… Je ne peux plus danser. Après ton départ, pour défouler ma tristesse, ma colère, ma peine… Je me suis surmené. Littéralement, j’ai dansé jusqu’à n’en plus pouvoir. Mon corps a cédé, j’ai fini par me blesser. J’étais tellement en colère contre moi-même, que ça a déclenché une volonté de tout arrêter. Je ne fais plus rien, maintenant. C’est sûrement dû à cela, que j’ai dû mal à contrôler mes émotions aussi. Ça m’aidait beaucoup, moi qui suis une personne nerveuse. Reprendre la danse à présent, me fait peur. Tu dois penser que c’est du gâchis. Je me montrais si passionné, j’ai dû t’effrayer au début. Ça me fait rire, à chaque fois. J’ai vraiment dû te paraître bizarre à parler de tout et de rien, avec énergie et passion. Sans barrière, sans méfiance.

 

Le 08 Avril 2017,

Cher Kyungsoo,

Aujourd’hui est un jour de printemps et pourtant je suis allé à la patinoire. Cette patinoire en particulier. Je me suis assis sur un banc et je suis resté à observer les personnes glissant sur la glace. Il y avait un peu de tout. Des personnes qui étaient des amateurs, ayant de l’aise comme s’ils étaient sur le sol, d’autres tombaient fréquemment, ou encore ceux qui s’entraidaient. Ça nous rappelle nous. Pas en tant qu’amis, mais en tant que couple. J’étais complètement euphorique à la pensée que tu sois mon petit ami. Et rempli de bonheur. Tu peinais sur la glace, contrairement à moi qui avais tant d’aise. Je profitais bien de la situation, je l’avoue. Ce jour-là, nous nous étions fait la promesse. Enfin, tu m’as fait la promesse sous ma demande. Je t’avais remercié de me faire confiance. J’étais si insouciant, je pensais que nous aurions encore beaucoup de temps devant nous. Que ce serait infini. Mais je m’en veux beaucoup de ne pas m’être aperçu de la gravité de la situation. Que j’ai pris trop à la légère ce mot « maladie ». Tu me dirais que j’ai pris soin de toi, que je t’ai aidé. Mais je n’ai pas fait assez… J’aurai pu t’aider davantage. Je le sais. J’aurai dû comprendre dès le jour où tu m’as dis « Merci. Je t’aime. Je suis désolé. ». Est-ce que ça aurait changé quelque chose si je l’avais remarqué dès ce moment là ? Ou même après ton mensonge disant que tu déménageais. J’étais si idiot et naïf.

 

Le 08 Mai 2017,

Cher Kyungsoo,

Un mois est passée. Durant ce temps, je devais réfléchir à mon avenir. A ce que je voulais faire plus tard. J’ai raté mon année de terminale, et donc l’épreuve de fin d’année, le suneung. Je m’en fichais pas mal de mon avenir. Mon but a toujours été de vivre grâce à la danse. Mais je l’ai perdu en même temps que toi. Les jours sont passés longuement. Mais ce mois-ci je me suis beaucoup renseigné, j’ai beaucoup réfléchi. J’ai six mois devant moi pour repasser l’examen. Ma sœur m’interdit d’abandonner et me force à rattraper mon retard. Mais je ne m’en sens pas capable. T’en penses quoi ? Parfois… Je me demande ce que tu me conseillerais. Ce que tu me dirais de faire. T’avais beau ne pas être bavard, tu m’aidais beaucoup. M’enfin, tout cela pour dire que c’était pour cette raison que j’étais venu à la patinoire. Pour réfléchir, remettre mes idées au clair. Parfois, faire face à un souvenir, au passé, peut aider dans les décisions futures. J’ai envie d’y croire. C’est la sixième lettre que je t’écris. Je ressens que ça me fait du bien. J’espère que tu n’éprouves pas de remord ou de regret. Rien n’est de ta faute. Je t’écrirais sûrement moins. Je vais essayer de me reprendre en main. C’est le moment ou jamais pour prendre une décision quant à mon avenir. Lorsque ce sera fait, je te réécrirai. Te dirai mes dernières pensées, sûrement les plus sombres. Le plus dur à dire. Et je pourrais définitivement reprendre mon chemin.

A bientôt. Je reviendrai meilleur.

Jongin.

 

Le 15 Décembre 2017,

Cher Kyungsoo,

Je reviens après tant de temps. Beaucoup de choses sont arrivées ou presque rien. J’ai consacré tout mon temps à étudier. Je dois beaucoup à ma sœur. Elle passait l’examen cette année aussi, alors je suivais ses cours. J’ai fais face à mes parents, face auxquels je me suis longtemps caché. Ils étaient au courant de très peu de chose, ils n’ont rien vu venir. Ca été dur de tout leur expliquer. Leur réaction a été très difficile à gérer. Mais après une longue discussion, après beaucoup d’excuses, ils ont compris la situation. Ils m’ont payé des cours privés en échange que je leur rembourse leur argent, grâce à un travail à mi-temps. J’en ai fais beaucoup jusqu’à en trouver un qui me satisfait. Je travaille dans un café à présent, l’ambiance est agréable, les horaires peu contraignantes, et mon salaire est raisonnable. J’ai pu apprendre à renouer des liens amicaux. A faire revivre mon moi véritable qui s’était éteint. J’ai appris beaucoup de choses. Sur le monde qui m’entoure et sur moi-même. Je sais ce que je vais faire, d’ailleurs. Je vais reprendre la danse. J’ai rencontré un client qui est un talentueux danseur. Parler avec lui m’a beaucoup fait réfléchir quant à reprendre cette passion. Rendre réel ce but. En ayant vu l’école qu’il fréquentait, j’ai su que c’était à cet endroit où est ma place. La seule chose qui est contraignante est que cette école se trouve aux États-Unis. Vais-je arriver à m’adapter, à supporter le changement ? Cependant, j’ai pensé que partir me ferait un grand bien, m’apporterait tant de choses dont je suis encore inconscient.

Durant tout ce temps, cela a été dur de ne plus t’écrire, mais je me disais que ce serait trahir mes paroles. Mais aussi que tu serais fier de moi de me revoir mûrit et meilleur. Tu dois d’ailleurs te demander comment s’est passé l’examen, qui a eût lieu il y a un mois. Eh bien… Comment te dire que… JE L’AI REUSSI !!! J’étais tellement en stresse tu ne t’imagines même pas… J’ai eût les résultats aujourd’hui même. La première chose que j’ai faite était de le dire à ma famille. On va fêter ça ce soir ! Puis à mes collègues. La deuxième chose c’était de venir ici. T’écrire, mais surtout te voir. Depuis tes funérailles, je suis jamais revenu. J’avais peur. Peur de réaliser que tu n’étais plus de ce monde, que tu n’étais plus avec moi. J’avais toujours espéré te revoir un jour, de recevoir une réponse à ces lettres. Alors qu’elles étaient cachées dans cette boîte qui t’es consacrée.

Voir ta photo derrière cette vitrine, où tu souris comme tu l’avais fait la dernière fois où je t’ai vu. Où tu étais joyeux comme tu ne l’avais jamais été. Et voir cette urne où tes cendres sont présentes rend mon cœur lourd. Mais aussi, me soulage pour toi. Tu dois être mieux là-haut, où tu es libéré de ta maladie, la mucoviscidose. Je t’en ai beaucoup voulu de me l’avoir dit seulement lorsqu’il était trop tard. Je t’en ai aussi voulu jusqu’à ces derniers mois de ne pas m’avoir dit adieu, de ne pas être honnête. Mais je me suis lourdement trompé, aveuglé par ma peine. Je pensais ne pas t’avoir assez dit, mais je l’ai fais. Je pensais que tu ne m’avais pas dis adieu, mais tu l’as fais. Je pensais que tu ne pensais pas à moi,mais tu l’as fais, encore une fois. Tu m’as préservé tant que tu le pouvais, tu as su parler, à dire mon prénom, à me remercier, me dire ton pardon, à me prouver ton amour. Tu as tant fait. Et tu continues. Et j’espère avoir fait assez aussi pour toi. Tu me le confirmes dans ta lettre d’adieu. Merci encore. Je ne cesserai de chérir les souvenirs que j’ai de toi. Je continuerai à mener ma vie pour nous deux, comme tu me l’as demandé. Et ne t’inquiète pas, je reviendrai. Et peut-être que des États-Unis, je t’écrirais.

Je suis désolé pour toutes ces inquiétudes.

Je t’ai aimé en tant qu’ami, puis en tant qu’amant. Maintenant, je t’aimerai comme une personne qui t’as considéré être son premier amour. Mais aussi comme personne qui t’as fait aimer la vie, et qui te dois encore tant.

Merci pour tout, Kyungsoo.

Une personne qui t’es chère, Jongin.

 

Le 08 décembre 2015

« A la personne que j’aime, Kim Jong In.

Si je t’écris cette lettre, c’est tout simplement parce que tu me manques déjà. Je vais lâchement t’abandonner et je n’arrive pas à trouver les mots tant je m’en veux. Tu dois me haïr aussi, n’est-ce pas ? Je n’arrive pas à trouver les mots adéquates afin que tu puisses comprendre pourquoi j’ai fais cela. Au fond, moi non plus, je ne le sais pas. Mes pensées sont si contradictoires que j’en suis perdu. Alors j’ai décidé de commencer tout à zéro… De t’expliquer tout depuis le début.

Avant mes huit ans, l’âge où j’ai appris que j’étais atteint de la mucoviscidose, j’étais un enfant heureux et aimé par ses deux parents. J’étais aussi turbulent et pile sur patte que toi. Tout dans ce monde m’intéressait et il en fallait peu pour que je m’extasie. Jusqu’à ce jour… le 25 décembre 2005. Depuis ce jour, ma vie heureuse s’était assombrie, tout était partit de travers. Mon père avait prit la fuite, n’acceptant pas de prendre les responsabilités concernant ma maladie et suite à cela ma mère tomba dans la dépression. Je m’intéressais de moins en moins à la vie et tout se qui la compose. Le jour où j’ai appris qu’il y avait des possibilités que je meurs avant la fin de l’année était la rentrée de cette année, et c’est à partir de ce moment-là que j’attendais simplement la mort et rien d’autre. Depuis ma première année de lycée, j’évitais le contact des autres et était alors devenu rapidement la source de leur moquerie. Puis vint le jour où tu es apparu. En prenant du recul, je suis venu à réaliser que je suis tombé sous ton charme dès notre première rencontre, lorsque tu m’avais souris comme personne ne l’avait fait depuis des années. Tu étais à mes yeux une personne intouchable et qui était parfaite sous tous les bords. Je t’enviais de part de cette joie de vivre que tu possèdes et de tout ce dont tu es capable de faire. J’en suis venu à te haïr pour être honnête, ce qui ne dura pas longtemps. Tout comme toi, j’ai dû éprouver des sentiments à ton encontre lorsque nous commencions à nous connaître, le premier jour où je t’avais vu danser. Tu es si beau lorsque tu danses… Tu es l’incarnation de la passion si j’ose dire. Plus les jours passaient, plus tu te rapprochais de moi et plus j’appréciais le monde. Je m’étais créé une bulle qui me servait à ne me lier à aucune personne, au fond, dans le but de me protéger moi-même ainsi que les autres. Je m’étais conçus une manière de vivre que tu as totalement déboussolée pour ensuite la faire totalement disparaître. Tu es l’exception de mon monde. Si j’étais réticent, si tu avais du mal à m’approcher, c’était pour le simple fait que, j’avais peur de m’attacher à une personne, parce que sinon j’allais venir à aimer la vie et donc de ne pas vouloir mourir. Ainsi que pour cette personne, qui en s’attachant à moi, souffrirait lorsque je ne serais plus là. Et tu es finalement cette personne. A force que tu m’apprennes les joies de la vie, de m’apprendre ce qu’est Noël ou plus encore, tu es devenus plus qu’un simple ami pour qui j’ai des sentiments. Tu es devenu ma raison d’être. Et sans toi, je pense que j’aurais soit mis fin à mes jours ou alors je serais mort dans le regret. Mais tu as empêché cela, Kim Jong In.

Kim Jong In… Ton nom sonne comme une mélodie qui rend mes jours que plus beau. Tu es comme un dieu à mes yeux en quelque sorte. Je n’ai jamais réussi à comprendre ce que tu trouvais chez moi parce qu’après tout, je ne suis intéressé par rien, je suis muet et atteint d’une maladie en plus de cela. Et pourtant tu es resté à mes côtés jusqu’au bout. C’est pour cela que je t’aime. Pour ta différence, ton ouverture d’esprit et pour ton amour pour la vie.

Que puis-je te dire encore à part que je t’aime, que je suis désolé et que je te remercie… ? Tu m’as tellement apporté. Tu es devenu le centre de ma vie. Tu m’as appris à aimer la vie et c’est avec le cœur lourd que je quitte ce monde…Grâce à toi, je partirais l’âme en paix et sans aucun regret… à une exception. J’ai peur de te laisser derrière moi et je m’en veux de t’avoir laissé t’approcher de moi… Je ne veux pas que tu souffres… parce que… tu ne le mérites pas.

Alors, s’il te plaît, ne m’en veux pas de t’avoir laissé… J’aurai tellement voulut pouvoir te parler, de te toucher ou encore de t’embrasser une dernière fois. J’aurai voulu te faire un véritable adieu et pouvoir te dire que je t’aime… Mais c’est impossible… Et je le regrette tellement…J’espère qu’un jour tu sauras me pardonner et que tu pourras comprendre.

Si je pouvais faire un vœu, je souhaiterais de rester à tes côtés plus longtemps encore afin que je suis puisse faire ma vie avec toi, de profiter plus encore de ta présence… Mais seulement, c’est impossible… Je… si tu savais à quel point je me sens mal de t’abandonner comme ça…C’est égoïste, je le sais bien… J’aimerais tellement pouvoir rester avec toi… Mais le destin en a décidé autrement… Alors, encore une fois, je t’aime…encore et encore… jusqu’au-delà de la mort. C’est pour cela que je te demande que malgré ce qui se passera, que l’on se verra encore une dernière fois ou non avant que je ne prenne mon envol, continue de vivre comme tu l’as toujours fait… Sois fort comme tu l’as toujours été, je t’en pris… Et j’espère que tu trouveras une personne qui te mérite et qui saura te combler. Continue de profiter de la vie et va de l’avant… Sois Kim Jong In… Et change la vie d’une autre personne comme tu l’as fais pour moi…

Je suis tellement heureux d’avoir fait ta connaissance… Malgré tout, je ne regrette absolument rien en ce qui nous concerne… Tu m’as beaucoup apporté comme je t’ai beaucoup apporté… Je t’aime tellement… Tu es et restera mon premier et dernier amour jusque la fin… Merci infiniment pour tout…

Je ne veux pas que tu souffres ni que tu ne fasses une chose que tu pourrais regretter… Tu es une personne merveilleuse qui mérite tellement… Alors si tu ne trouves pas de raison de vivre alors… vis pour moi, vis pour nous… S’il te plaît…

Sur ces mots, je te fais mon adieu et sache que je mourrais heureux parce que j’ai fais ta connaissance… Pour la énième fois, je t’aime… Jong In. 

La personne qui t’as aimé du plus profond de son cœur, Do Kyung Soo. » – lettre écrite par Kyung Soo à l’attention de Jong In.

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Comment serait la vie sans smartphone ?

« Quelle est la première chose qui vous vient à l’esprit au réveil ? »

« Bah… mon téléphone. »

La question était évidente et automatique. Dès mes yeux ouverts, le signal reçu venant de mon cerveau qui m’alerte que j’ai suffisamment dormi, je prends mon téléphone m’ayant accompagné dans mon sommeil, grâce aux musiques qu’il m’apporte pour m’aider à m’endormir. Puis je consulte ce que j’ai manqué : messages, les dernières nouvelles sur les réseaux sociaux, les dernières vidéos/images manquées…

« Et quelle est la chose qui vous est indispensable dans la vie courante ? »

« Mon… téléphone… »

Je ricanai, mal assurée. C’est vrai que cet appareil me permet de tout faire. Je passe la majorité de mon temps à mon pourrir la vue et les neurones dessus.

« Pour finir, si vous deviez prendre qu’un objet en sortant de chez vous. Lequel se serait ? »

Je ne dis rien. Mince alors… J’allais répéter une troisième fois la même réponse. Je ne m’étais jamais posée ce genre de question.

« Alors ? Votre absence de réponse signifierait que c’est une nouvelle fois votre téléphone, n’est-ce pas ? »

« Hum… Oui. »

Je souris bêtement. J’avais dû mal à m’imaginer cette réalité fataliste. N’était-ce pas minable d’accorder autant d’importance à son appareil ? Etais-je le seul cas ? Tout le monde était-il comme moi ?

« Bien. Vos réponses correspondent au profil recherché pour notre expérience. Êtes-vous prête à vivre sans téléphone portable durant deux journées consécutives ? »

« Ai-je vraiment le choix… ? »

Jamais je n’aurai dû m’arrêter en pleine rue à écouter cette personne qui accoste les gens. J’étais en avance, j’avais du temps à perdre. Mon idiotie m’avait poussé à l’écouter. Mon intuition et mon ambition m’ont poussé à accepter.

Premier jour

Treize heure. J’étais en retard pour mon cours. Énervée, je criais sur mon téléphone « pourquoi diable n’as-tu pas sonné ?! ». J’appuyais sur toutes les touches, l’écran restait noir. Et je me rappelai qu’il n’était pas fonctionnel à cause de cette maudite expérience. Ce qui me turlupinait était le fait qu’on me l’ait laissé, mais non fonctionnel. Quel était le but ? Je soupirai, arrêtant de me creuser la tête. Je me levai, pris mon téléphone jusqu’à la salle de bain. Je voulus mettre de la musique, mais encore une fois j’avais oublié que ce n’était pas possible. Vivant seule, je me rendis compte que je n’avais aucun appareil pour écouter de la musique, hormis mon ordinateur qui prenait toujours un temps fou pour se mettre en marche. Ce midi j’allais devoir m’en passer.

Encore une fois je pris mon téléphone inutilement en partant de chez moi. Je me rendis compte alors à quel point ces habitudes étaient ancrées en moi. A quel point les questions que la dame m’avait posé étaient lourdes de sens.

Attendant le métro qui arrivait dans quelques minutes, je sortis mon téléphone de ma poche, prête à consulter facebook. J’appuyai sur le bouton du centre. Écran noir. Encore une fois… Je fis ce geste répétitif.

Le métro arriva. Suivant la foule de personnes pressées, je montai dans la rame du métro de Tokyo. Debout au centre, je les voyais tous sur leur téléphone. Une chose dont je n’avais jamais prêté attention. Ils étaient absolument tous sur leur appareil portable, à regarder toutes choses différentes. J’étais éberluée. Notre société ressemblait donc à cela… ? Des sortes de zombies, les yeux collés sur leur écran, le téléphone cousu dans la main ? Je peinais à croire. Je me rassurai en pensant que c’était juste une exception. Et pourtant, lorsque j’arrivai en cours (en retard), le schéma se reproduisait. La voix somnolente du professeur emplissait la salle d’ennui. Hormis les élèves aux premiers rangs, tous comblaient cet ennui sur leur téléphone. Certains regardaient les réseaux sociaux, d’autres envoyaient des messages, ou encore regardait leur série ou film favori. Je me rendis compte que je faisais pareil. Mes pensées étaient rivées sur ce que j’aurai pu faire ou regarder. Il y avait le nouvel épisode de ma série que je voulais absolument regarder. Il y avait aussi ce livre nouvellement sorti sur une plate-forme internet dont je mourrais d’envie de lire. Ou encore cette musique qui tournait en boucle dans ma tête, accompagnée de son clip vidéo. Je fis table rase sur toutes ses pensées néfastes et inutiles. Je n’avais désormais plus de téléphone, ça ne servait à rien de penser à des choses dont je n’avais pas accès pour le moment. Je tentai alors de consacrer mon attention sur mon professeur. Contrairement à d’habitude, j’arrivais plus facilement à me concentrer. Les paroles du professeur devinrent plus intéressantes et j’éprouvai une satisfaction. « Je viens en cours pour rien. » Cette pensée ne traversa pas mon esprit cette fois-ci. Au contraire.

Après le cours, à la cafeteria de la fac, je voulus discuter du cours et des choses intéressantes que j’ai apprises.

« Est-ce que vous vous rendez compte ? Que le rapport de soi dépend des enjeux culturels. Si vous et moi étions Français, nous… »

Je m’arrêtai de parler. Personne ne m’écoutait, tous sur leur téléphone. Je n’étais pas vexée non… j’étais attristée de voir à quoi ressemblait cette génération. Je trouvais cela triste. Personne ne prenait le temps de se découvrir, de se voir. Ils préféraient parler par message que de se parler en face. Quel rapport de soi… Je me levai sans un mot. Personne ne se rendrait compte de toute façon, l’attention trop rivé sur autre chose.

Deuxième jour

« Eh, t’as vu le scandale avec… »

« Non, je n’ai pas de téléphone. »

J’avais coupé la parole de ma meilleure amie si sèchement, qu’elle resta sans voix. Avant qu’elle ne s’énerve, je me levai subitement, quittant le café. Je n’eus aucun remord. Son portable pourra continuer à lui tenir compagnie. Je me rendis encore une fois compte d’une mauvaise habitude. Toutes deux lorsque nous nous voyions, passions nos yeux rivés sur nos appareils. On discutait tout en consultant les réseaux sociaux. On regardait une série ou encore un film sur un ordinateur sans avoir de réelles discussions. Enfant, tout était plus vrai, plus simple. Il nous fallait peu de choses pour observer le monde, pour s’amuser, pour savourer les choses que l’on nous donnait.

Sur mon chemin, je pus observer et écouter le monde. J’étais toujours enfermée dans ma bulle comme toutes ces personnes que je voyais. J’étais focalisée sur mon chemin, les yeux rivés sur le sol. Même pas une seconde j’admirai le ciel, les personnes que je ne verrai probablement qu’une fois dans ma vie. Ou plusieurs fois qui sait, sans m’en rendre compte. Les nouvelles rencontres qu’on peut désormais faire en virtuel, sont toujours possibles au jour d’aujourd’hui. A la seule différence que nous nous donnons plus la peine.

Sur le passage piéton, une personne âgée peinait avec son chariot trop lourd pour elle. Tout le monde passait à côté d’elle sans s’en rendre compte. La bulle virtuelle. Je me précipitai vers elle, proposant mon aide. Si touchée, d’un sourire si reconnaissant, elle s’exclama « c’est si gentil de votre part ». Une fois le passage piéton passé, je lui demandai :

« Cela va aller pour vous jusqu’ici ? »

« Oui, vous en avez déjà assez fait jeune fille. Merci encore. Au jour d’aujourd’hui les jeunes ne font plus attention autour d’eux. Mais je crois aux exceptions grâce à vous. »

Lorsqu’elle partit, je me suis demandée à quoi ressemblait le monde dans lequel elle vivait à mon âge. Quel rapport avec soi et le monde qui nous entoure. A quel point était-il si différent.

Rentrée chez moi, je me posai sur mon canapé. Il était encore tôt pour dîner, le soleil n’était pas encore sur le point de se coucher. Je réfléchis à ce que je pouvais bien faire. A Tokyo, il y a tant de choses à faire. Mais aussi tant de chose liées aux dispositifs mobiles. Et si je faisais des choses totalement différentes de mes habitudes, des choses plus naturelles. Peut-être pourrais-je en profiter pour me redécouvrir ?

Troisième jour – fin de l’expérience

« Alors que pouvez-vous me dire de cette expérience ? »

« J’avais l’impression de vivre dans un autre monde, une dimension totalement différente. »

« Êtes-vous prête à continuer ainsi ? »

Je haussai les épaules. Cela a été certes bénéfique, mais me passer totalement de téléphone portable ne m’exclurait pas de la société ?

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Un matin comme un autre

03.23_18:31-55. Correction mais j’écris tellement que je vais finir plus tard. Il faut que je prenne mon cahier avec mes notes parce que mes derniers éléments sont sur papier. -fin-57. le 23 Mars

 

08:06_ 03.15

Hier c’était le White Day. _08:07.

À la base, je voulais juste dire que je suis dégoûtée. Je vais arriver grave tôt !! Je viens de monter dans le métro. _08:08.

Je suis fatiguée.  _08:08.

Pourquoi est-ce que je dois vivre de cette façon ?  _08:09.

En vrai, c’est un choix qu’on fait inconsciemment. On finit par faire les choses par habitude, tout est normal jusqu’au jour où quelque chose brise cette routine. On se sent bizarre, on a l’impression de perdre pied. Il nous manque quelque chose, sans jamais comprendre quoi. _08:11.

Pendant la relecture le 03.23 à 18:34. Ça, c’est moi un peu tous les jours. Je sais qu’il me manque quelque chose, mais impossible de mettre le doigt dessus. C’est juste que j’ai loupé quelque chose dans ma vie. C’est comme un regret qui me ronge de l’intérieur sans jamais faire ressortir la raison de ce mal-être. -Fin de rédaction _18:36.

On croit qu’on peut vivre dans la routine alors qu’en fait, il n’y a rien de mieux que le hasard. Et les choix qu’on fait face à eux. C’est là qu’on révèle notre nature. On ne peut pas faire comme si ces choix étaient impossible à faire. On a une responsabilité, on  doit les faire. _08:13.

Je viens de quitter la station de Basilique de saint denis. _08:14.

Je vais descendre et j’ai horriblement envie de dormir. _08:14.

“One shot, Two shot” ça va me booster un peu. _08:15

Pendant la relecture le 03.23 à 18:38. Je crois que ce sont les transports qui me font ça. Je me demande si c’est pareil pour tout le monde. -Fin de rédaction _18:39.

Je te laisse je vais descendre. _08:15.

 

08:42_

Je vais devoir aller en cours et subir la torture qui m’a été assigné. _08:43.

C’est drôle la façon dont je décris un cours de pratique pas trop embêtant. _08:43.

Mais il faut dire que je suis aussi extrêmement fatiguée. Pourquoi ? Je ne sais pas trop. J’ai pourtant pas si mal dormi… _08:44.

J’ai dit qu’à 45, je partirais. _08:45.

Ça vient de passer à 45.

Pendant la relecture le 03.23 à 18:40. J’étais dans le bâtiment A, où l’on peut s’asseoir et voir toutes ses personnes aussi fatiguées que moi aller en cours. Si je me souviens bien, il y avait un mec qui dormait à côté en plus, il avait pris sa veste pour en faire un oreiller. -Fin de rédaction _18:42.

Je vais me lever et partir déprimée tel un animal qui  va à l’abattoir. En vrai, est-ce que l’animal sait où on le conduit ou est-ce qu’il ne se rend pas compte qu’il traverse le couloir de la mort quand on l’y conduit? _08:46.

C’est une très bonne question à creuser. _08:46.

Je ne suis toujours pas partie. _08:47.

C’est là, où on voit que je suis une p***** de flemmarde. _08:47.

J’attends encore un peu juste pour le fun. Allez ! _08:47.

Attends… je ne me souviens plus où elle est la salle ! _08:48.

Je vais partir maintenant. _08:48.

“Save Me” _08:48.

Quand je me lève, si c’est pas un signe. _08:48.

 

08:52_

C’était facile à trouver en fait. _08:52.

Quand j’écris mes phrases avec le nombre à la fin j’ai l’impression d’être un robot. _08:53.

En réalité c’est que quand j’écris ce que je pense, comme tout le monde. Il y a une petite voix. Qui lit en même temps. Et en fait, c’est une voix de robot qui dit le nombre. _08:54.

C’est grave drôle. _08:54.

Pendant la relecture le 03.23 à 18:46 à la base, quand je rédige mon texte, je n’écris que les minutes, du coup, ça donne “Bla bla. 53.“, “Bla bla. 34.” etc. C’est très amusant d’avoir cette petite voix qui relit le texte. -Fin de rédaction _18:48.

J’attends…. _08:54.

Comme toujours. _08:54.

Ça me rappelle un texte. _08:54.

Comme toujours, j’attends que quelque chose se passe. J’attends une interaction avec le monde extérieur. Un bruit. Une voix. Un mouvement. Mais rien. _08:56.

Je veux être coupé de ce monde qui en soi me rappelle ce que j’ai perdu par le passé.  _08:56.

Comment faire pour ne plus y penser. _08:57.

Je ne sais pas si c’est ce que je dois faire. _08:57.

Mais une chose est sûre.  Je ne peux pas avancer seul sans toi. _08:58.

C’était pas ça du tout mais j’ai repris la grande idée qui est que cet homme avait perdu sa fiancée. _08:58

La prof est arrivée puis est repartie. J’ai pas tout compris. _09:04.

Mais revenons à mon histoire. _09:04.

Cet homme avait pour projet de lui faire sa demande en mariage (03.23_18:51) lorsque qu’un accident à domicile l’a fit mourir on va dire. _09:05.

Elle a chuté _09:06.

Elle (la prof -15:13_03.26-) est revenue !! _09:07.

Mais je suis toujours toute seule !! _09:07.

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Qui suis-je !

Rapport 1: L’exposition de soi par l’autoportrait.

” Qui suis-je!”

       À vrai dire, peu me connaissent. Certain(e)s pensent que c’est à cause de mon insociabilité que je ne parle pas, mais d’autres comprennent les vrais raisons. Seul(e)s les vrais connaissent mon histoire! On me dit souvent que je suis timide, mais ce n’est pas le cas, je ne le suis pas, Je ne suis pas timide, peut-être que je l’étais avant mais plus maintenant. Pourquoi ? Vous allez le comprendre. Et, c’est pourquoi je vais vous éclaircir un peu sur mon état d’esprit. En parlant de l’exposition de soi par l’autoportrait, à vrai dire je ne suis pas du genre à aimer me prendre en photo et encore moins à les poster sur les divers réseaux sociaux. À mon avis, cette “mise en ligne de son image” ne se considère plus comme étant une propriété privée de l’individu, puisqu’elle “se valide” par la communauté. D’accord je me prend en photo quand je me trouve “belle”, mais ce qui me gêne c’est “pourquoi la poster sur les réseaux sociaux ?”. Est ce que j’ai besoin qu’on me donne des “commentaires” sur mes photos ? Est ce que je besoin qu’on me la “like” pour me sentir bien dans ma peau ? Bien évidemment que non. On est toutes belles telles qu’on est, et on n’a pas besoin qu’on nous le confirme. Il suffit de se contempler dans un miroir pour avoir cette confirmation.

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” Paris – Melun ” : Expérience de texte minimaliste

« Paris – Melun » est une expérience de texte minimaliste décrivant mes sensations lors d’un trajet quotidien, écrit in situ sur le téléphone portable et destiné à être posté sur internet.

Avance – recule, accélère – décélère

Gens – monde – peuple, hommes – femmes – autres

Regardent – parlent – marchent – tournent

Bruits – sons – crissements, voix – cris d’enfant

Nourriture – emballages – miettes – saletés – mastication

Valises – sacs – bagages,  shopping – voyage – travail

Froid – chaud, chauffage – transpiration

Regards – étranger – inconnu – intérieur

Solitude – repli – stress

Arrêt – sortie, piétinement – écrasements

 

Lorsqu’on s’expose on peut ressentir une gêne à montrer ce que l’on ressent, pour cela ici, ce que j’expose véritablement n’est pas cette suite de mots dans sa globalité, mais surtout les mots en gras.
En effet dans cette mise en valeur de ces mots, ou lettres, tels que « gens » ou « -ent », je mets en avant mes problèmes d’anxiété sociale – chose qui me gêne d’afficher en public sur internet.
La “mise à nue” est pour moi l’un des aspects de l’exposition de soi.

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Le temps des cerises : La chanson comme texte minimaliste et le téléphone portable comme alphabet.

Je vous invite dans un premier temps à aller voir le montage vidéo ci-dessous :
https://youtu.be/NESXDGHaF4Y

Mais à quoi peuvent bien faire référence ces suites de chiffres ?

Il s’agit en fait des paroles de la chanson retranscrite en code « multi-tap ». Ce code multi-tap était très utilisé (et l’est toujours pour certains) sur nos téléphones portables de l’ancienne génération. En effet, lorsque vous vouliez écrire la lettre « E » il vous fallait appuyer deux fois sur la touche « 3 », et ainsi de suite pour former des mots, puis des phrases.

Capture de la vidéo
Signifie: “R-E-V-A-N-T”


NOKIA 3310
Avec touches multi-tap

J’ai donc ici retranscrit les paroles du chant révolutionnaire écrit par Jean Baptiste Clément en 1866, dont la musique a été composée par Antoine Renard en 1868, et chantée ici par Kaoru Kukita pour la sortie du film d’animation, en 2005, Porco Rosso.
Bien compliqué tout ça…

Mais l’idée était partie du mélange, et plus précisément le mélange de l’ancien et du nouveau :
Chant ancien réinterprété par des contemporains – et téléphone portable, au centre de nombreux questionnements actuels, mais de l’ancienne génération.
Ceci dans l’optique d’illustrer que même si les façons de faire diffèrent, les traditions et le nouveau ne font que tourner en un cercle vicieux et s’alimentent entre eux.

Ce petit projet ouvre aussi sur ce que l’on considère comme un écrit minimaliste. La chanson étant un texte court, souvent fragmenté, faisant appel aux sentiments – et même s’écoutant et se diffusant sur nos téléphones portables – ne peut-elle pas être considérée comme telle ?

Enfin, lorsque nous voyons cette vidéo, et ces paroles, sous forme de karaoké, il nous est impossible de le lire ; et cela ouvre sur deux points :
– Le premier questionne les habitudes des utilisateurs de téléphones portables. Lorsque nous écrivons via le multi-tap nous intégrons l’alphabet et la manière de constituer nos mots à travers les mouvements de nos doigts ; il nous est presque impossible de faire la même chose sur une feuille ou à voix haute : On se sert donc surtout de notre mémoire spatiale.
– Le second questionne la destination de cette vidéo : Le texte étant impossible à lire cela signifie qu’il ne vous est pas destiné.. Il est en fait destiné au téléphone portable qui va ensuite retranscrire ces chiffres, pas à vous !

Merci de m’avoir lue ! 🙂

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Une image de soi erronée

L’image de soi est omniprésente dans le monde dans lequel nous vivons. Le 21eme siècle est l’ere De la technologie et les réseaux sociaux sont utilisés par tous, tout les jours et par tout les âges. Malgré les nombreux points positifs de ceux-ci (le partage, les débats, la communication) l’image de soi est beaucoup plus présente et devient importante, voir influente. En effet sur le réseau social « instagram«  par exemple (qui consiste à poster uniquement des photos) l’image que l’on a de soi, notamment pour les femmes est totalement biaisé. Les influencées (personnes ayant un grand nombre d’abonnés, devenant ainsi de réel stars d’internet) influencent les jeunes à vouloir devenir toujours plus parfait. Le physique devient vendeur et incite les jeunes filles à changer leur physique pour plaire, c’est une course aux likes qui ne fini jamais. Avec des icônes de beauté actuelles comme les sœurs Kardashian/Jenner, les reines des réseaux sociaux, les jeunes femmes n’ont pas finis de complexer. C’est pourquoi j’ai demandé à une amie qui ne se considère pas parfaite, car elle ne correspond pas aux standards de beauté actuelle, de poser pour moi et ainsi montrer ce qu’est un corps réel de femme sans retouches ni artifices.

Perrine Denisot

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Sérénité

J’ai vu ton ombre de l’autre côté du miroir
Et j’ai compris
Après avoir contemplé nombre de visages dans le noir
Que c’était la pluie
Qui me donnait encore envie de te voir

T’imaginer
A mes côtés
Te sentir proche
Sans pouvoir te toucher
Sans pouvoir te parler
T’imaginer
Et regretter qu’on se soit aimés

Tant de temps passé
A me demander
Pourquoi tu fuyais
Ton indifférence
Ton besoin d’errance
Seule face à cette enfance
Qui t’a marqué
De tant de souffrance

J’en ai pleuré
Mais la peur a passé
Et tout s’est évanoui
Comme si
Tu n’avais jamais
Existé ah ça oui

Aujourd’hui je me demande
De quoi est fait l’amour
Un signe d’espérance
Ou un besoin de nuisance

Je ne me souviens
Plus très bien
De toi
De moi
De nous
De tout
Ce que l’aube
A pris soin
Chaque matin
D’effacer
D’éloigner
Chaque souvenir
Chaque pensée

Et depuis
Mes cicatrices
Se sont fermées
Et quelle sérénité
De ne plus avoir
A te voir
Ni à te regarder
Rien d’autre n’est restée
Que cette liberté
De ne plus t’aimer

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Le selfie: acte artistique, narcissique ou quête de soi ?

Le mot selfie dérive du mot anglais “self” qui signifie “soi même”. Le selfie est un acte de plus en plus courant grâce aux smartphones: en effet, ceux ci permettent de les prendre mais aussi de les diffuser sur les réseaux sociaux. Cependant, cette pratique n’est pas nouvelle: en effet, on peut considérer l’autoportrait comme l’ancêtre du selfie. On trouve alors de nombreux autoportraits chez des artistes comme Frida Kahlo ou Vincent Van Gogh. C’est alors le partage de ces images qui a évolué. Avec l’arrivée des réseaux sociaux et du smartphone, il devient plus facile de partager ces images, le but de leur partage n’étant pas souvent artistique. En effet, le selfie est beaucoup utilisé aujourd’hui pour partager ses émotions, affirmer son identité ou simplement pour obtenir le plus de “likes”. C’est malheureusement cette course aux “likes” qui dominent les réseaux sociaux, menées par des figures connues comme Kim Kardashian ou Justin Bieber. En effet, maquillé, avec une lumière adéquate et un bon angle de vue, nous pouvons correspondre au mieux aux critères de beauté de la société et alors s’élever en “icône” des réseaux sociaux. C’est de cette utilisation que découlent les préjugés sur les jeunes générations perçues alors comme narcissiques. Cependant, et heureusement, ce n’est pas leur seule utilisation. On trouve aussi le selfie dans les mouvements de “body posi”, qui sont des mouvements de réappropriation du corps visant à améliorer l’estime de soi. Dans ce cadre, on cherche à montrer la beauté de son corps et de son visage, même si on ne correspond pas aux normes de beauté de la société. Cela permet alors de montrer la diversité des physiques et de reprendre confiance en soi. Cela est alors en opposition avec les courses à la popularité, puisque dans celles ci, il faut correspondre aux normes de beauté.

Le selfie peut aussi être utilisé pour raconter des événements, montrer ce que l’on fait et où l’on est (en le diffusant sur les réseaux sociaux). Cette pratique du selfie peut être assez compulsive et peut empêcher de profiter du moment (beaucoup de personnes se prennent en selfie à côté d’une œuvre d’art, sans la regarder directement). De plus, certains perdent pied face à l’omniprésence des réseaux et ne font plus la différence entre les sphères de l’intime et du public. Ils prennent et diffusent alors des selfies de moments ou d’événements inappropriés (par exemple, des selfies à des funérailles). De plus, ces selfies à répétition peuvent provoquer des addictions, comme c’est le cas pour l’adolescent anglais Danny Bowman. Cependant, ces selfies permettent aussi de garder un souvenir, de laisser une trace: ce n’est que leur utilisation massive qui peut être nocive.

Les artistes utilisant le selfie aujourd’hui sont aussi nombreux. Par exemple, l’artiste japonaise Izumi Miyazaki fait des selfies délirants où l’humour absurde domine. De plus, la Saatchi Gallery à Londres a organisé en avril et mai 2017 une exposition autour du selfie appelée From Selfie to Self-Expression, où se mélange histoire de l’art et Pop Culture.

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