Manon Giacone et Florian Gadenne utilisent la mémoire comme art.

“La faculté de conserver et de rappeler des états de conscience passés et ce qui s’y trouve associé”, “ensemble de fonctions psychiques grâces auxquelles nous pouvons nous représenter le passé comme passé”… il existe de nombreuses définitions de la mémoire et chacune décrivant des facettes différentes de celle-ci. La mémoire est quelque chose d’unique, qui se construit durant notre vie. Elle réside dans chacun de nous et dans chacun de nos actes. La mémoire se raconte et se partage, la transformant ainsi en souvenir.

C’est ce qu’entreprend Manon Giacone, une jeune photographe qui filme et capture des images pour raconter des histoires, pour donner vie à un environnement ou bien pour s’approprier la mémoire d’un objet ou d’un sentiment, comme elle l’a fait avec sa série Solitude Part I, où elle incarne la solitude. Là, elle utilise des doubles pages dont l’une est occupée par l’image et l’autre par un texte traduit en japonais qui met en scène la photo. Elle dévoile aussi une partie d’elle dans la série J’ai perdu mon enfance puisqu’elle utilise la photographie comme journal intime sans pour autant expliquer quoique ce soit, ce qui fait travailler l’imagination des spectateurs pour reconstruire des souvenirs.

(Solitude Part I) –> https://www.manongiacone.com/kodoku?lightbox=image_12o2

(J’ai perdu mon enfance) –> https://www.manongiacone.com/page2?lightbox=image19a1

Mais Florian Gadenne utilise la mémoire d’une autre façon. Pour lui, la mémoire réside aussi dans les objets que l’on crée et que l’on utilise. Il fait notamment la différence entre le Topos d’Aristote et la Chôra de Platon, l’un étant les informations mesurables et communes (les centimètres, les couleurs…), et l’autre les informations non mesurables tel que l’identité, l’histoire et la mémoire. Il se tourne donc vers la Chôra des objets cultes et récolte ainsi de nombreux objets usés qu’il échange avec des nouveaux qu’il reconstruit lui-même. Florian Gadenne explique aussi que certaines personnes ne comprenaient pas pourquoi il s’intéressait à de vieilles choses inutilisables, mais tout réside non pas dans l’aspect extérieur mais de la mémoire que l’objet a gardé de son utilisation au fil du temps.

(Couteau de papi etienne)

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