Nyotaku – empreinte des femmes nues, colloque international: Corps et décors. Avatars de la philosophie du corps entre Orient et Occident

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Miki OKUBO (Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis) : Nyotaku – empreinte
des femmes nues : esthétique de la corporalité japonaise par rapport à Femme
en bleu d’Yves Klein

Nyotaku – empreinte des femmes nues : esthétique de la corporalité japonaise par rapport à Femme en bleu d’Yves Klein
Miki Okubo
Chargé du cours à l’Université Paris 8, Arts Plastiques
Chercheur attachée à l’équipe de recherche TEAMeD (Théorie Expérimentation Arts Médias et Design, Arts, images et Art contemporain, à l’Université Paris 8

Résumé :
Dans mon intervention, j’analyserai la corporalité japonaise vue dans une performance-vécu intitulée Nyotaku des points de vue esthétique, culturel et sociologique. Une compréhension très présente concernant les expressions artistiques et la conscience corporelle dans la performance met en lumière l’esthétique du corps en Asie en opposition avec celle de l’Occident. La corporalité asiatique souligne l’importance de l’intuition, du souffle et de l’énergie intérieure (气 ou Qi en chinois) car l’expression physique ne se limite pas à la maîtrise physique ou à la technique fondée sur les acquis théoriques tandis qu’en Occident le corps est discipliné, perfectionné et censé d’exprimer des acquis techniques et théoriques, afin d’accomplir ses enjeux artistiques. Cette simple explication s’appliquait historiquement à la comparaison de deux importantes œuvres dont le procédé semble « similaire » : Nyotaku de Shozo Shimamoto et Femme en bleu ou Anthropométries d’Yves Klein.
Shozo Shimamoto (1928-2013), un des fondateurs de Gutai (un mouvement artistique d’avant-garde japonais fondé en 1954), réalisa Nyotaku dans les années 1990. Il s’agit de l’empreinte des femmes nues sur un papier ou un tissu. Pour prendre cette empreinte du corps, ce sont les femmes-participantes nues qui se mettent volontairement dans l’encre noire. Nyotaku se compare à la célèbre performance d’Yves Klein (1928-1962), Femme en bleu, (1960), dans laquelle les femmes peintes en bleu sont sévèrement dirigées, voire instrumentalisées, par l’artiste lui-même dans tous les détails tant de leur posture de leurs mouvements. La différence entre ces deux œuvres est fondamentale pour refuser une hypothèse naïve : Nyotaku est une appropriation de Femme en bleu ou une variation japonaise du fait de leur approche semblant « similaire ». Leur présentation complétement différente témoigne également de leurs propres esthétiques sur la corporalité et les enjeux artistiques.
Dans cette présentation, à travers l’observation des travaux artistiques, notamment Nyotaku, je voudrais poser la question de la véritable signification des esthétiques et de la corporalité japonaise afin de mieux comprendre la phénoménologie du corps et des sciences cognitives dans l’expression artistique.

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